Le droit de veto à l'ONU est "un anachronisme", dénoncent l'Irlande et le Niger

Par AFP

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Le droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, utilisé lundi par la Russie afin de s'opposer à une résolution établissant un lien entre le climat et la sécurité internationale, est "un anachronisme", ont dénoncé lundi les ambassadeurs d'Irlande et du Niger aux Nations Unies, Geraldine Byrne Nason et Abdou Abarry.

"Ce Conseil ne sera jamais à la hauteur de son mandat pour la paix et la sécurité internationales s'il ne s'adapte pas. Il doit refléter le moment dans lequel nous vivons actuellement, les menaces à la paix et à la sécurité internationales auxquelles nous sommes confrontés", ont souligné les deux ambassadeurs dans des déclarations lues en anglais et français devant des médias. L'Irlande est membre non permanent du Conseil de sécurité en 2021-2022. Le Niger, président en exercice du Conseil en décembre, achève son mandat de deux ans à la fin du mois. Un peu plus tôt, la Russie avait bloqué par son veto un projet de l'Irlande et du Niger, soutenu par 12 des 15 membres du Conseil de sécurité et qui avait au total le co-parrainage rare de 113 membres des Nations Unies. Ce blocage de Moscou a été jugé incompréhensible par nombre de missions diplomatiques. "Le veto est un anachronisme" et ce Conseil de sécurité "a cruellement besoin d'être réformé", ont souligné Geraldine Byrne Nason et Abdou Abarry, en affirmant être "extrêmement déçus" de l'issue du vote. "Nous regrettons l'utilisation du veto en toutes circonstances, et nous regrettons absolument son utilisation aujourd'hui. Son utilisation est une tache sur l'héritage de ce Conseil", ont ajouté les deux ambassadeurs. Autre membre non permanent du Conseil de sécurité, le Mexique, par la voix de son ambassadeur Juan Ramon de la Fuente Ramirez, avait aussi, mais devant le Conseil de sécurité, vivement critiqué le droit de veto hérité de l'après-deuxième guerre mondiale. Plus d'un demi-siècle après, ce droit reste l'apanage des seuls cinq membres permanents du Conseil de sécurité: Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni. Mexico est en désaccord depuis longtemps avec "le mal-nommé droit de veto", qui entraîne des "paralysies du Conseil de sécurité et mine les possibilités de dialogue", a déploré le diplomate mexicain.