Le gouvernement éthiopien rappelle ses conditions à d'éventuelles discussions avec les rebelles

Par AFP

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Le gouvernement éthiopien a rappelé jeudi ses conditions à d'éventuelles discussions avec les rebelles tigréens, après plusieurs jours d'intenses tractations diplomatiques pour empêcher une nouvelle recrudescence des combats, débutés il y un an dans le nord du pays.

En guerre avec les forces pro-gouvernementales depuis novembre 2020, les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont avancé ces derniers mois au-delà des limites du Tigré, dans les régions voisines de l'Afar et l'Amhara et n'ont pas exclu de marcher sur la capitale Addis Abeba. Evoquant les conditions préalables à des discussions, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Dina Mufti, a toutefois souligné que le principe même de discussions avec les rebelles n'était pas acquis. "Pour qu'il y ait une solution pacifique, il faut être deux", a-t-il déclaré jeudi à la presse. "Il y a des conditions. D'abord, arrêtez vos attaques. Deuxièmement, quittez les zones dans lesquelles vous êtes entrés (l'Amhara et l'Afar, ndlr). Troisièmement, reconnaissez la légitimité de ce gouvernement", a-t-il poursuivi. "Mais ne vous méprenez pas, il n'est pas dit qu'une décision a été prise d'entamer des négociations", a-t-il ensuite insisté. Le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a déclaré à l'AFP ce week-end qu'un retrait préalable de l'Amhara et de l'Afar n'était "absolument pas envisageable". De son côté, le TPLF demande la fin de ce que l'ONU qualifie de blocus humanitaire "de facto" du Tigré, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU. Ces derniers jours, les diplomates étrangers ont intensifié leurs efforts pour tenter d'arracher un cessez-le-feu. L'émissaire américain pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, a quitté l'Éthiopie mercredi après plusieurs jours de réunions dans le pays et au Kenya voisin, selon des responsables informés de ses déplacements. L'émissaire de l'Union Africaine pour la région, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, devait, lui, quitter le pays jeudi après une dernière entrevue avec le Premier ministre Abiy Ahmed, ont indiqué des responsables. Il s'était précédemment rendu à Mekele, la capitale du Tigré, où il a rencontré des dirigeants du TPLF. Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'est entretenu mercredi avec M. Obasanjo, qu'il a assuré de son "puissant soutien" dans ses efforts de médiation, a déclaré le département d'Etat. Le chef de la diplomatie américaine a estimé mercredi qu'il existait "une fenêtre" pour stopper ce conflit dévastateur. M. Abiy a envoyé début novembre 2020 l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du TPLF, qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. Après leurs récentes avancées, le TPLF, et ses alliés de l'Armée de libération oromo (OLA), affirment désormais se trouver à environ 300 kilomètres au nord d'Addis Abeba.