Le Kenya affirme qu'un cessez-le-feu est "possible" en Ethiopie

Par AFP

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Un "cessez-le-feu est possible" en Ethiopie entre le gouvernement et les rebelles qui s'affrontent depuis un an dans le nord du pays, a déclaré mercredi la ministre kényane des Affaires étrangères, quelques jours après une visite du président kényan Uhuru Kenyatta à Addis Abeba.

"Nous croyons dans la capacité de l'Ethiopie à trouver un dénouement à cette crise. Nous croyons qu'un cessez-le-feu est possible", a déclaré la ministre, Raychelle Omamo, lors d'une conférence de presse conjointe avec le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, en visite à Nairobi. Uhuru Kenyatta, qui participe activement aux tentatives de médiation régionale, a effectué dimanche une visite surprise d'une journée en Ethiopie, où il a rencontré le Premier ministre Abiy Ahmed. Ces dernières semaines, les diplomates étrangers ont intensifié leurs efforts pour tenter d'arracher un cessez-le-feu. Parmi eux, l'envoyé spécial de l'Union africaine pour la Corne de l'Afrique, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, qui a notamment reçu le soutien de M. Blinken, s'est dit dimanche "optimiste quant à la possibilité de trouver un terrain d'entente", au terme d'un séjour à Addis Abeba en novembre. M. Abiy a envoyé en novembre 2020 l'armée fédérale au Tigré (nord) destituer les autorités régionales, membres du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) parti longtemps au pouvoir à Addis Abeba, qui contestait son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. Bien que le lauréat du prix Nobel de la paix 2019 ait promis une victoire rapide, le TPLF avait, fin juin, repris la majeure partie du Tigré avant de poursuivre sa contre-offensive dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar. Jeudi, l'Ethiopie a défini les conditions d'éventuels pourparlers, notamment l'arrêt des attaques, le retrait du TPLF de l'Amhara et de l'Afar et sa reconnaissance de la légitimité du gouvernement. Le TPLF exige quant à lui que l'aide soit autorisée à entrer au Tigré, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions proches de la famine, selon les Nations unies. Aucune aide n'est arrivée par la route depuis le 18 octobre et 364 camions sont bloqués en Afar en attente d'une autorisation, selon l'Onu.