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Le pape condamne de "cruelles atrocités" en RDC "qui couvrent l'humanité de honte"

Le pape François a condamné mercredi à Kinshasa les "cruelles atrocités qui couvrent l'humanité de honte" dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), s'insurgeant contre "l'exploitation, sanglante et illégale, de la richesse de ce pays".

AFRICA RADIO

1er février 2023 à 17h36 par AFP

"J'adresse un vibrant appel à toutes les personnes, à toutes les entités internes et externes qui tirent les ficelles de la guerre en RDC, en la pillant, en la flagellant et en la déstabilisant", a lancé François au deuxième jour de sa visite dans le plus grand pays catholique d'Afrique. "Vous vous enrichissez par l'exploitation illégale des biens de ce pays et le sacrifice cruel de victimes innocentes. Entendez le cri de leur sang", a-t-il ajouté, alors que le pays est gangréné par les exactions de groupes armés qui ont tué des centaines de milliers de personnes et jeté des millions d'autres sur les routes. Le souverain pontife s'est dit "indigné" devant "l'exploitation, sanglante et illégale, de la richesse de ce pays ainsi que les tentatives de partition dans le but de pouvoir le gérer". Quelques minutes plus tôt, le pape argentin avait entendu les "souffrances atroces" de quatre victimes dans des témoignages sans filtre décrivant mutilations, viols et massacres. "J'ai vu la sauvagerie: des gens découpés comme on découpe la viande à la boucherie, des femmes éventrées, des hommes décapités", a écrit Désiré Dhetsina, dans un témoignage préparé il y a quelques mois. Il est aujourd'hui porté disparu. Emelda M'karhungulu a raconté les "maltraitances" qu'elle a subies pendant trois mois comme "esclave sexuelle". "Des fois, ils mélangeaient les têtes des gens dans la viande des animaux. C'était notre nourriture quotidienne." Ladislas Kambale Kombi, 16 ans, a raconté comment il a assisté, impuissant, au meurtre de son père "découpé en morceaux" et à l'enlèvement de sa mère. "Face à la violence inhumaine que vous avez vue de vos yeux et éprouvée dans votre chair, on reste sous le choc. Et il n'y a pas de mots; il faut seulement pleurer, en restant silencieux", a répondu le pape, visiblement ému. "Vos larmes sont mes larmes, votre souffrance est ma souffrance", a-t-il ajouté en demandant "pardon pour la violence de l'homme sur l'homme". Selon lui, cette guerre est "déchaînée par une insatiable avidité de matières premières et d'argent, qui alimente une économie armée laquelle exige instabilité et corruption". "Quel scandale et quelle hypocrisie: les personnes sont violées et tuées alors que les affaires qui provoquent violences et morts continuent à prospérer!", a-t-il encore déploré.