Le Premier ministre palestinien appelle l'Union africaine à retirer le statut d'observateur d'Israël

AFRICA RADIO

5 février 2022 à 9h21 par AFP

Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a appelé l'Union africaine à retirer l'accréditation avec le statut d'observateur accordé à Israël en juillet par le président de la Commission de l'organisation, dans un discours samedi au sommet de l'UA.

"Nous appelons au retrait et à l'objection du statut d'observateur israélien auprès de l'Union africaine", a-t-il déclaré, qualifiant l'accréditation d'Israël de "récompense imméritée" pour les abus commis selon lui par le gouvernement israélien contre les Palestiniens. "Les peuples du continent africain ne connaissent que trop bien la dévastation et la déshumanisation qui caractérisent le colonialisme et les systèmes connexes de discrimination raciale institutionnalisée", a-t-il lancé à la tribune, devant des dizaines de chefs d'Etat de gouvernement africains réunis au siège de l'UA à Addis Abeba. "Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d'apartheid qu'il impose au peuple palestinien", a ajouté Mohammed Shtayyeh, citant notamment un rapport d'Amnesty International publié cette semaine. La décision en juillet du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, d'accréditer Israël a suscité de vives protestations parmi plusieurs des 55 Etats membres, dont l'Afrique du Sud et l'Algérie, qui ont rappelé qu'elle allait à l'encontre des déclarations de l'organisation soutenant les Territoires palestiniens. Une discussion est prévue dimanche sur le sujet, selon l'agenda du sommet. Pour de nombreux analystes, un éventuel vote sur cette question pourrait marquer une scission sans précédent dans l'histoire de l'Union africaine créée il y a 20 ans. Dans son discours d'ouverture du sommet quelques minutes plus tôt, Moussa Faki Mahamat avait défendu son choix et appelé à "un débat serein". Il a assuré que l'engagement de l'UA dans la "quête d'indépendance" des Palestiniens était "immuable et ne peut que continuer à se renforcer", tout en affirmant que sa décision d'accorder l'accréditation à Israël pouvait être "un instrument au service de la paix".