Le Rwanda accuse la RDC d'abandonner un accord de paix

AFRICA RADIO

19 janvier 2023 à 16h06 par AFP

Le Rwanda a accusé jeudi la République démocratique du Congo d'abandonner un accord visant à ramener la paix dans l'est de la RDC en proie à des troubles qui ont ravivé les tensions entre les deux pays voisins.

Kigali a accusé la RDC de chercher à "sortir" des processus de paix engagés à Luanda ainsi qu'à Nairobi. "Les tentatives de la RDC de saboter ou d'abandonner ces accords régionaux ne peuvent qu'être vues comme un choix visant à perpétuer le conflit et l'insécurité", ont indiqué les autorités rwandaises dans un communiqué. La veille, le ministre congolais des Affaires étrangères Christophe Lutundula avait déploré mercredi que les rebelles du M23 "et les autorités rwandaises qui les soutiennent" n'aient pas, "une fois de plus, respecté leurs engagements". Le gouvernement congolais affirme sa détermination à "sauvegarder l'intégrité territoriale" de la RDC qui "se défendra par tous les moyens", avait-il ajouté. En dépit d'annonces de cessez-le-feu et de retrait des troupes, les combats persistent dans l'est de la RDC entre l'armée congolaise et les rebelles du groupe M23 (pour "Mouvement du 23 mars"). Un sommet réuni le 23 novembre à Luanda avait pourtant décidé d'un cessez-le-feu à partir du 25 novembre, suivi deux jours plus tard du retrait du M23 des zones conquises depuis plusieurs mois dans la province du Nord-Kivu. La RDC accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion majoritairement tutsi qui a repris les armes fin 2021 et de combattre à ses côtés, ce que Kigali dément. Kigali accuse de son côté l'armée congolaise de collusion avec une rébellion hutu rwandaise implantée dans l'est de la RDC depuis le génocide tutsi de 1994 au Rwanda. Pour tenter d'apaiser les tensions dans l'est de la RDC, en proie depuis près de 30 ans aux violences de groupes armés, plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées, notamment par la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC). Celle-ci a décidé le déploiement d'une force régionale et a lancé le 28 novembre à Nairobi une nouvelle session de pourparlers de paix, sans le M23 que Kinshasa qualifie de mouvement "terroriste". Une autre médiation est menée au nom de l'Union africaine par le président angolais Joao Lourenço, chargé de tenter de réconcilier Kinshasa et Kigali.