Libye: Amnesty dénonce des crimes impunis d'un groupe pro-Haftar

AFRICA RADIO

19 décembre 2022 à 16h51 par AFP

Amnesty international (AI) a accusé lundi une puissante milice loyale à l'un des fils de Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye, de commettre des crimes de guerre et de sérieuses violations des droits humains, profitant d'un climat d'impunité dans le pays.

"L'impunité en Libye permet aux combattants du groupe armé Tariq Ben Ziyad (TBZ) de commettre des crimes de guerre et d'autres crimes de droit international, dans le but d'écraser toute contestation" des forces loyales au maréchal Haftar qui contrôlent "de facto" l'est et une partie du sud libyen, a affirmé Amnesty dans un communiqué. Plongée dans le chaos politique et sécuritaire depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye se retrouve depuis début mars avec deux gouvernements rivaux qui se disputent le pouvoir, l'un installé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, l'autre soutenu par le Parlement et le camp du maréchal Haftar. Depuis son apparition en 2016, TBZ, une milice d'élite commandée par Saddam Haftar, fils du maréchal, "terrorise les populations dans les zones contrôlées par l'ANL", armée autoproclamée d'Haftar. Elle se livre à une "longue liste d'actes horribles - homicides, actes de torture et mauvais traitements, disparitions forcées, viols et autres violences sexuelles, ainsi que des déplacements forcés - sans craindre de conséquences", a indiqué Hussein Baoumi, chercheur sur l'Egypte et la Libye cité dans le communiqué de AI. "Il est grand temps qu'une enquête pénale soit ouverte sur la chaîne de commandement de Saddam Haftar et Omar Imraj", son second. "Dans l'attente des résultats, ils doivent immédiatement être suspendus de leur poste", pour éviter qu'ils ne commettent "de nouvelles violations ou n'interfèrent dans les investigations", a-t-il estimé. Amnesty reproche au groupe TBZ d'être impliqué dans le "déplacement forcé de milliers de personnes réfugiées et migrantes dans la ville de Sebha (sud) et alentour" depuis fin 2021. L'organisation l'accuse aussi d'avoir provoqué le déplacement de "milliers de familles libyennes" lors des campagnes militaires menées par l'ANL à Benghazi et Derna (nord-est), dans l'est libyen, entre 2014 et 2019. Lors de sa première visite en Libye début novembre, le procureur général de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a exhorté Haftar à empêcher tout "crime" par ses troupes, soulignant que "les commandants militaires doivent empêcher, réprimer et punir les crimes".