Libye: "amnistie spéciale" pour un journaliste condamné à 15 ans de prison

12 septembre 2021 à 20h21 par AFP

AFRICA RADIO

Un photographe libyen, arrêté en 2018 dans la ville d'Ajdabiya dans l'est du pays et condamné à 15 ans de prison par un tribunal militaire, a été relâché par les forces de l'homme fort de l'Est de la Libye, Khalifa Haftar, a-t-on appris de sources officielles dimanche.

"Ismail Abuzreiba el-Zouay, condamné à 15 ans de prison, a été relâché après avoir bénéficié d'une amnistie spéciale du commandement général des forces armées" sous le contrôle du général Haftar, a indiqué à l'AFP une source du bureau du procureur militaire à Benghazi. Cette source, qui a requis l'anonymat, a indiqué que M. Abuzreiba est sorti de prison tard samedi soir, grâce à une "amnistie spéciale". Hanan Salah, chercheuse de l'ONG Human Rights Watch (HRW) pour la Libye, s'est félicitée dimanche dans un tweet de la libération de M. Abuzreiba, la qualifiant toutefois de "tardive" après trois ans de "détention arbitraire". Le photographe avait été arrêté en décembre 2018 dans la ville d'Ajdabiya, une ville de l'est libyen sous le contrôle du maréchal Haftar. Il avait été condamné en mai 2020 par un tribunal militaire à Benghazi à 15 ans de prison pour "communication avec une chaîne de télévision qui soutient le terrorisme", en référence à la chaîne de télévision privée, Alnabaa, selon le rapport de HRW pour 2020. Mme Salah a dénoncé la condamnation du journaliste par "un tribunal militaire de Benghazi" lors d'un "procès secret" pour de "fausses accusations de terrorisme". Le jugement de M. Zouay par une instance militaire au lieu d'un tribunal civil avait suscité des critiques à l'encontre des forces pro-Haftar et la "consternation" des Nations unies. Le pays, plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, tente de s'extraire d'une décennie de violences et de luttes au pouvoir. Après un accord de cessez-le-feu entre les forces loyales de l'ancien Gouvernement d'union nationale (GNA, basé à Tripoli) et les forces loyales au maréchal Haftar, conclu en octobre 2020, un gouvernement unifié et transitoire a été installé sous la houlette de l'ONU début 2021 pour mener le pays à un scrutin présidentiel et législatif annoncé pour le 24 décembre. La Libye figure à la 165e position sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse publié par l'ONG, Reporters sans frontières.