Libye/élections: l'ONU condamne l'attaque contre le tribunal de Sebha

Par AFP

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La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) a dénoncé vendredi l'attaque contre le tribunal de Sebha, qui a empêché Seif al-Islam Kadhafi de faire appel du rejet de sa candidature à l'élection présidentielle du 24 décembre.

Jeudi, des hommes armés non identifiés ont fait irruption dans le tribunal de première instance à Sebha (sud), l'un des trois centres de dépôt des candidatures et recours, avec Tripoli (ouest) et Benghazi (Est), le forçant à fermer ses portes alors que les avocats du fils de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi s'apprêtaient à faire appel du rejet de sa candidature à la présidentielle. Se disant "alarmée" par cette "attaque" marquée par l'expulsion du personnel de l'instance, la Manul a condamné dans un communiqué "toute forme de violence liée aux élections", réitérant son appel à "protéger le processus" électoral. "Les attaques contre les installations judiciaires ou électorales ne sont pas seulement des actes criminels, punissables par la loi libyenne, mais portent également atteinte au droit des Libyens de participer au processus politique", a-t-elle poursuivi. Le gouvernement intérimaire libyen a condamné dès jeudi un acte "odieux" et annoncé l'ouverture d'une enquête. La Haute commission électorale (HNEC) a annoncé mercredi l'exclusion de 25 candidats sur 98 pour non conformité aux dispositions de la loi électorale. Parmi eux Seif al-Islam Kadhafi, 49 ans, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour "crimes contre l'humanité". Capturé fin 2011 par un groupe armé libyen à Zenten (nord-ouest), il avait été condamné à mort en 2015 à l'issue d'un procès expéditif, avant de bénéficier d'une amnistie. Disparu de la vie publique, il avait déposé sa candidature mi-novembre, misant sur le soutien des nostalgiques de l'ancien régime déçus par une interminable transition politique sur fond de chaos. Aboutissement d'un processus laborieux parrainé par l'ONU, la présidentielle du 24 décembre et le scrutin législatif prévu un mois plus tard sont censés tourner la page d'une décennie de conflit et de luttes fratricides depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué en 2011 lors d'une révolte populaire appuyée par une intervention militaire internationale controversée. Parmi les candidats les plus en vue à la présidentielle figurent le chef du gouvernement intérimaire, Abdelhamid Dbeibah, le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle de facto l'est et une partie du sud libyen ainsi que l'influent ex-ministre de l'Intérieur, Fathi Bachagha. Leurs dossiers ont été validés par la HNEC.