Libye: l'émissaire de l'ONU démissionnaire prêt à rester à son poste le temps des élections

Par AFP

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Au lendemain de l'annonce de sa démission, l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Jan Kubis, a déclaré mercredi au Conseil de sécurité être prêt à demeurer à son poste le temps des élections générales cruciales qui doivent se tenir dans ce pays fin 2021 et début 2022.

Lors d'une réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur la Libye, le responsable a indiqué, sans en donner la raison précise, avoir remis il y a une semaine sa démission au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, soit le 17 novembre. Le chef de l'ONU a attendu jusqu'au 23 novembre pour accepter cette démission, lui précisant, selon M. Kubis, qu'elle serait "effective le 10 décembre", et en informer les 15 membres du Conseil de sécurité. Mercredi, certains d'entre eux ont indiqué à des médias ne toujours pas connaître la raison précise de la décision soudaine de l'émissaire. "Dans la lettre de démission au secrétaire général, j'ai confirmé ma disponibilité à continuer comme émissaire pendant une période de transition qui, à mon avis, devrait couvrir la période électorale pour assurer la continuité des activités, à condition que ce soit une option réalisable", a déclaré Jan Kubis. "J'espère qu'une solution appropriée sera trouvée", a-t-il ajouté. En septembre, le Conseil de sécurité avait renouvelé son mandat et celui de sa mission politique en Libye (Manul) jusqu'au 31 janvier en estimant que son poste, jusqu'à présent basé à Genève, devait être transféré à Tripoli. Avant d'évoquer sa démission, Jan Kubis a affirmé soutenir ce transfert, semblant ainsi justifier sa démission par un refus de s'établir en Libye. Selon des diplomates, lorsque cette idée de transfert a été avancée pendant l'été, l'ancien ministre slovaque avait d'emblée indiqué ne pas avoir l'intention de s'installer à Tripoli. L'élection présidentielle en Libye, censée tourner la page d'une dizaine d'années de guerre, est prévue le 24 décembre. Initialement prévu le même jour, un scrutin législatif a été repoussé d'un mois, à fin janvier. Dans une déclaration approuvée mercredi à l'unanimité de ses 15 membres, le Conseil de sécurité réaffirme cependant son soutien à "des élections parlementaires et présidentielle le 24 décembre", comme décidé en novembre 2020 avec un calendrier ensuite entériné par une résolution du Conseil de sécurité en 2021. "Le Conseil de sécurité exhorte vivement toutes les parties prenantes libyennes à s'engager à accepter les résultats des élections et à respecter les droits de leurs opposants politiques avant, pendant et après les élections", ajoute la déclaration. Il "rappelle que les personnes ou entités qui menacent la paix, la stabilité ou la sécurité de la Libye, ou d'entraver ou de nuire à la réussite de sa transition politique, y compris en obstruant ou en sapant les élections, peuvent être visées par des sanctions", souligne aussi le texte.