Libye: le Premier ministre prend la défense de sa ministre suspendue

Par AFP

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Le Premier ministre libyen, Abdelhamid Dbeibah, a affirmé dimanche que la suspension d'un ministre ne figurait pas parmi les prérogatives du Conseil présidentiel (CP), prenant la défense de sa cheffe de la diplomatie que le CP a suspendue et interdite de voyager.

"La nomination, le limogeage, la suspension ou la mise en examen d'un membre de l'exécutif, (...) relèvent des pouvoirs exclusifs du Premier ministre", a souligné M. Dbeibah dans un communiqué paru dans la nuit de samedi à dimanche. Le CP a suspendu samedi de ses fonctions Najla Al-Mangoush, lui interdisant aussi de voyager pendant la durée d'une enquête sur des "irrégularités administratives", notamment "des décisions d'ordre politique (prises) sans le consulter", a indiqué la porte-parole du CP, Najla Weheba, à la chaîne Libya Panorama. Une commission d'enquête a été mise en place par le CP et doit remettre son rapport d'ici 14 jours. Le gouvernement de M. Dbeibah a donné pour sa part instruction à Mme Mangoush de "poursuivre son action", réitérant "son appréciation" pour ses efforts dans l'exercice de ses fonctions. Il a également appelé les différents pouvoirs "à respecter la procédure" et à éviter les "conflits d'intérêts" ainsi que les "obstacles" à l'action du gouvernement en cette phase "critique". Le Conseil présidentiel, formé de trois membres représentant les trois régions de Libye, a été mis en place en février par un processus politique parrainé par l'ONU, en même temps que le gouvernement intérimaire dirigé par Abdelhamid Dheibah pour préparer les élections présidentielle et législatives de fin d'année, et mettre fin à une décennie de chaos. Si aucune précision n'a été donnée sur les faits reprochés à Mme Mangoush, des médias locaux ont fait le lien avec un entretien accordé à la BBC il y a quelques jours où elle affirmait que Tripoli serait "prête à coopérer avec les Etats-Unis" pour l'extradition d'un suspect dans l'affaire de l'attentat de Lockerbie en 1988. Selon la BBC, Mme Mangoush faisait allusion à Abou Agila Mohamad Massoud, recherché par Washington, qui aurait été l'un des principaux fabricants de bombes pour le compte de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Mme Mangoush a "formellement démenti" les propos qui lui ont été attribués, "niant catégoriquement qu'elle ait mentionné l'intéressé à la BBC", selon un communiqué de son ministère. "Ces questions sont du ressort du Parquet", a-t-elle ajouté.