Malgré la violence, les Etats-Unis disent garder espoir pour le Soudan

Par AFP

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Les Etats-Unis sont convaincus que le nouveau pouvoir militaire soudanais veut trouver une issue à la crise, malgré la répression sanglante des manifestants qui protestent contre le coup d'Etat du 25 octobre, a affirmé jeudi un haut fonctionnaire américain.

"Tout le monde veut trouver une voie de sortie", a déclaré un haut-fonctionnaire dans l'avion du secrétaire d'Etat Antony Blinken, en voyage officiel sur le continent africain. "Il y a vraiment de quoi trouver un moyen d'avancer", a-t-il ajouté. La vice-secrétaire d'Etat américaine pour les Affaires africaines Molly Phee s'est rendue en début de semaine au Soudan, où elle a rencontré le général Abdel Fattah al-Burhane, auteur du putsch, et le Premier ministre Abdallah Hamdok, placé en résidence surveillée. Selon le haut-fonctionnaire qui a parlé aux journalistes présents dans l'avion, le général Burhan et M. Hamdok ont tous deux reconnu les lacunes dans le processus de transition démocratique lancé en 2019 après la chute de l'autocrate Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 30 ans. Le renversement de M. Béchir a fait sortir le pays d'une dictature militaire quasi-continue depuis son indépendance en 1956. Mais, le 25 octobre dernier, le général Abdel Fattah al-Burhane, qui dirigeait les autorités de transition partagées entre militaires et civils, a déclaré l'état d'urgence, dissous le gouvernement et placé en détention les dirigeants civils. Après ce coup d'Etat, les Etats-Unis ont gelé le versement de 700 millions de dollars d'aide à Khartoum. Le responsable américain a reconnu que les pressions économiques avaient leurs limites concernant l'armée qui est fermement installée, mais a déclaré que toutes les parties étaient fières du travail effectué ensemble au début de la transition. "Le plus important était de parler avec eux de ce que serait leur héritage - qu'ils avaient chacun joué un rôle positif en 2019. Veulent-ils vraiment devenir le méchant dans ce scénario ?", a-t-il ajouté. Cet optimisme prudent intervient après plusieurs jours de répression sanglantes par les forces de sécurité des manifestations déclenchées après le coup d'Etat. Au moins 15 manifestants ont été tués mercredi, journée la plus meurtrière depuis que les militaires ont pris le pouvoir. Le général Burhane a nommé la semaine dernière un nouveau Conseil de souveraineté, dont ont été exclus les représentants du bloc réclamant un transfert du pouvoir aux civils.