Mali: libération d'un célèbre rappeur après plus de trois mois de captivité

Par AFP

AFRICA RADIO

Un célèbre rappeur malien et un membre de son groupe ont été libérés, plus de trois mois après leur enlèvement dans la région de Tombouctou, dans le nord du Mali, par des hommes armés, a annoncé mardi la présidence malienne.

Le rappeur Amadou Kébé surnommé "Dr Keb", 27 ans, et son collègue musicien Ousmane Coulibaly dit Bacozy, ont été relâchés lundi dans la ville de Tombouctou, capitale de la région éponyme, a indiqué la présidence sur Twitter. Une cérémonie officielle pour marquer leur libération a été organisée mardi à Bamako. Le rappeur Kébé est influent au Mali grâce ses chansons visant à conscientiser les jeunes sur la vie de la nation. Lui et trois autres membres de son groupe étaient en route dans le nord du Mali pour des concerts dans cette région quand ils ont été enlevés le 29 juillet à Goundam, dans la région de Tombouctou. Deux membres du groupe ont été ensuite libérés dans les jours qui ont suivi. "C'est une milice locale de Gourma Rhaouss (région de Tombouctou) qui avait enlevé le jeune rappeur" et son collègue, a affirmé un médiateur, sans plus de détail sur cette milice et les conditions de la libération. Le gouvernement malien a demandé aux autorités administratives de Tombouctou d'entrer en contact avec "nous, les notables de Gourma Rhaouss" pour mener cette médiation. "Nous avons négocié avec la milice" armée, a-t-il ajouté, se voulant anonyme. Des rapts de Maliens surviennent souvent au Mali, à côté de ceux plus médiatisés visant les étrangers. Le pays sahélien est livré depuis 2012 aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi qu'aux violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits. Les forces régulières sont elles-mêmes accusées d'exactions. Les violences parties du nord en 2012 se sont propagées au centre, au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaines.