Mali: prison ferme requise contre un vice-président du Parlement de transition

Par AFP

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Le parquet de Bamako a requis vendredi une peine de trois mois de prison ferme à l'encontre d'un vice-président de l'organe législatif des autorités de transition maliennes jugé en flagrant délit pour "troubles à l'ordre public".

Le jugement du quatrième vice-président du Conseil national de transition (CNT), Issa Kaou N'Djim, a été mis en délibéré au 3 décembre par la présidente du tribunal de la commune IV de Bamako, Diarra Fatoumata Sidibé. Elle a rejeté la demande de liberté provisoire de M. N'Djim qui va donc rester en prison. "Je n'ai jamais voulu déstabiliser le pays. Ça n'a jamais été mon objectif", s'est défendu le prévenu qui conteste les faits. "J'ai démontré durant tout le procès que mon client ne pouvait pas être poursuivi", a déclaré à l'AFP l'avocat de M. N'Djim, Kassoum Tapo, faisant valoir qu'en tant que membre du CNT il bénéficiait d'une immunité parlementaire. Il a annoncé qu'il déposerait une nouvelle demande de liberté provisoire. Le président du CNT Modibo Sidibé a par ailleurs annoncé vendredi "une séance plénière à huis clos" de cette instance lundi consacrée à "la mise en place d'une commission ad hoc relative à l'affaire Issa Kaou N'Djim", selon un communiqué. Issa Kaou N'Djim avait été arrêté mardi soir à Bamako pour "propos subversifs" sur "les réseaux sociaux", selon une source judiciaire. Il a été inculpé jeudi de "troubles à l'ordre public et atteinte au crédit de l'Etat". Personnage connu de la scène politique malienne, Issa Kaou N'Djim a été le porte-parole de l'imam Mahmoud Dicko, figure de la mobilisation populaire qui a précédé le putsch contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, le 19 août 2020. Il est également connu pour son soutien au chef des putschistes et président de transition, le colonel Assimi Goïta, ainsi que pour ses critiques acerbes contre le Premier ministre de transition Choguel Kokalla Maïga. Il avait notamment critiqué M. Maïga après la décision lundi de déclarer "persona non grata" le représentant de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à Bamako, Hamidou Boly, accusé par le gouvernement d'"agissements incompatibles avec son statut".