Maroc/sécheresse: croissance plus timide que prévu en 2023 (Plan)

AFRICA RADIO

12 janvier 2023 à 20h36 par AFP

Le Maroc enregistrera en 2023 un rebond de sa croissance de 3,3%, plus timide que prévu et à condition d'une campagne agricole épargnée par la sécheresse historique des dernières années, selon les projections du Haut commissariat au Plan (HCP).

"En tenant compte du redressement des activités agricoles, l'économie nationale devrait afficher une progression de 3,3% en 2023", a expliqué jeudi Ayache Khellaf, secrétaire général du HCP, lors d'une conférence de presse à Rabat. Lors de ses dernières prévisions en juillet, le HCP misait sur un rebond du PIB de 3,7% cette année, après une progression de seulement 1,3% en 2022. La loi de finances 2023, présentée en octobre par le gouvernement du Premier ministre libéral Aziz Akkhanouch, tablait elle sur une croissance de 4%. La reprise en 2023 reste dépendante des "incertitudes liées notamment à l'évolution de la guerre en Ukraine, des taux d'intérêt et des risques épidémique et climatiques", a souligné M. Khellaf. "Les risques du retour du spectre de la sécheresse après la pluviométrie relativement abondante pendant le mois de décembre 2022 sont encore probables", note par ailleurs le HCP dans son budget prévisionnel, qui prend acte des principaux moteurs de croissance "en perte de vitesse". "Le spectre de la sécheresse a été globalement plus sévère en 2022, avec un déficit pluviométrique de près de la moitié par rapport à une année normale", relève-t-il encore. L'agriculture est le premier pilier de l'économie du pays maghrébin -- une des plus dynamiques du continent africain -- frappé l'an dernier par une sécheresse inédite depuis quatre décennies. En revanche, la situation devrait s'améliorer sur le front de l'inflation, qui devrait ralentir à 1,9% après un pic record de 4,9% en 2022, selon le HCP. "Les chocs subis ces trois dernières années par l'économie marocaine, malgré sa résilience relative, ont causé des dégâts durables sur le capital productif et humain", a reconnu M. Khallaf. Des chocs qui ont entraîné la perte d'environ 22.000 emplois potentiels en 2022, d'après les estimations du HCP.