Mozambique: moins d'attaques jihadistes grâce aux Rwandais et aux voisins (président)

Par AFP

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Le Mozambique, en proie à des violences jihadistes depuis plus de quatre ans, a connu moins d'attaques en 2021, grâce à l'aide militaire du Rwanda et de pays voisins, a salué jeudi le président Filipe Nyusi.

La province pauvre et à majorité musulmane du Cabo Delgado (nord-est) n'a connu que 52 attaques, contre 160 en 2020, a affirmé M. Nyusi devant le Parlement. "Nous avons pu réduire le nombre d'attaques terroristes par trois", a ajouté le président, originaire de cette région. Il a évoqué la capture de combattants parmi les groupes armés qui sèment la terreur depuis octobre 2017, ayant tué plus de 3.500 personnes et forcé près de 820.000 autres à fuir leurs villages. Dans les combats opposant l'armée mozambicaine (appuyée par des renforts rwandais et des pays voisins depuis juillet) et les groupes armés, "quelque 200 terroristes ont été tués et dix de leurs chefs" cette année, a précisé le président. Il a notamment cité la mort récente, en novembre, de Rajab Fakir, "considéré comme le troisième dans la hiérarchie des terroristes" opérant dans le pays. Parmi ceux qui ont été mis hors d'état de nuire, "figurent des commandants extrémistes et des idéologues", a ajouté le président, qui a qualifié les attaques dans le nord de "pur banditisme motivé par l'appât du gain". Il a salué le renfort de soldats rwandais, affirmant que le président "Paul Kagame n'a rien demandé en échange". "La participation du Rwanda (aux combats contre les jihadistes, ndlr) répond au principe de solidarité et cela n'a pas de prix", a-t-il ajouté. La province voisine de Niassa (nord-ouest) a récemment connu des attaques, laissant penser que les jihadistes, repoussés par les soldats, se replient sur une zone désormais plus étendue. M. Nyusi a estimé qu'il n'y avait pas lieu de "paniquer", affirmant que les forces de sécurité maîtrisaient la situation et avaient "neutralisé" plusieurs hommes à Mecula, portant "des machettes et d'autres armes". Les attaques se poursuivent chaque semaine contre villages et civils, en dépit des 3.100 combattants étrangers qui appuient les forces mozambicaines. Elles ont reconquis le port de Palma, tombé aux mains des jihadistes en mars, et assurent que la situation s'améliore.