Par La rédaction

Les trois grandes fautes de Nicolas Sarkozy selon le philosophe Bernard- Henri Lévy Première erreurLe 28 juillet dernier, au lendemain des actes de délinquance graves dont Saint-Aignan (Loir- et- Cher) a fait l'objet, Le président Sarkozy convoque un sommet à l'Elysée pour faire le point sur la situation des Roms et des gens du voyage. On pouvait voir dans le principe même de ce sommet une volonté de mettre tous les Roms dans le même sac. Or il en a parmi eux, ceux qui sont en situation régulière, bénéficiant de statut de gens du voyage reconnu par la législation française en 1972 et même avant. Ce qui est choquant c'est de dire au lendemain des incidents de Saint-Aignan, nous allons nous statuer sur le cas des Roms et des gens du voyage. Au lieu de punir juste les coupables. C'est prendre la partie pour le tout. Il stigmatise ainsi une population. Ce qui est contraire aux usages de la république. Ce qui a aussitôt réveillé le sentiment de rejet de cette population au niveau de l'opinion publique qu'on croyait disparu ou digéré. Le gitan par exemple c'est le « voleur de poules » ou propriétaire de « Mercédès grosse cylindrée ».Pourtant il existe de honnêtes gens, français de longue date dans ces communautés mais aucun d'entre eux n'a été convié lors de ce sommet. Et elles s'en sont indignées.Le philosophe pense que ce traitement n'est réservé qu'a cette catégorie de population. D'autres communautés sont consultées sur les problèmes qui les concernent. Pourtant peu de responsables s'en sont émus. C'est encore plus choquant quand on sait que la gauche qui nous a habitué à taper sur tous, a mésestimé cette affaire puisqu'elle s'en est peu préoccupé.La deuxième erreur de Nicolas Sarkozy fut de s'attaquer à la nationalité française.Il propose désormais de retirer la nationalité française à « Toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou toute autre personne dépositaire de l'autorité publique ».Le philosophe s'attaque à la nature ubuesque de la notion « d'origine étrangère » tout en soulignant le vide juridique dans lequel se retrouveront les futurs ex- français si les sages (Conseil Constitutionnel, Conseil d'Etat) ou la parlement valident la loi. Sachant qu'il n'y a pas de nationalité de rechange.A partir de quel moment on est ces « étrangers » que le président désigne puisque des immigrations, la France en a connu. Les plus importantes sont d'Afrique subsaharienne, portugaise, espagnole, maghrébine, italienne, polonaise, roumaine�?�Au cas où le président Sarkozy n'est pas dans une stratégie électorale pour piquer à Marine Le Pen son fond de commerce électoral c'est le principe même de l'égalité devant la loi quelle que soit l'origine de la personne, qui est attaqué. Or le programme du Conseil National de la résistance du 15 mars 1944, la déclaration des droits de l'homme de 1948, la Constitution de 1958 avait insisté sur le fait que « l'on est français ou que on ne l'est pas ». Mais à partir du moment où on l'est, on l'est tous de la même manière. « Dés lors qu'on n'est devenu français, il est interdit de distinguer entre français plus ou moins français ».Pour le philosophe ruse ou tactique, quelque soit la motivation, il peut se permettre de durcir les conditions d'accès à la nationalité française mais on ne touche pas au socle de la république. C'est un bien commun à tous les français. Il n'est pas concevable de voir des français qui commettent un crime tout en restant français et d'autres qui le cesseront pour les mêmes raisons. C'est demander aux gendarmes garants de « l'esprit des lois, du génie du droit » de casser tout cela. Et c'est aussi une « imbécillité » de faire payer pénalement aux parents l'échec scolaire de leurs enfants.La troisième erreur c'est l'usage du mot « guerre » qu'il déclare aux voyous. « Dans la bouche d'un président de la république les mots sont toujours plus que des mots » dit-il.Cette considération équivaut à prendre les délinquants pour des ennemis et les policiers censés les neutraliser pour des soldats. Le danger c'est donc de militariser l'action policière. Ces déclarations ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd. Elle donnent à la société son souffle, son rythme, ses réflexes.Ces déclarations viriles signes de leurs échecs politiques ne font que renforcer le sentiment de haine des uns sur les autres. Et cela n'est que « le dernier ciment d'un contrat social » , la marque d'une société « fiévreuse ».Par Aïda Sakho