20 mai 2011 à 8h38 par La rédaction

Ce thème a été abordé dans le quotidien français Les Echos, daté du 26 avril 2011. A l'heure où l'Europe connait une montée des extrêmes, et particulièrement en France avec le Front National,l'analyse des chiffres bouscule quelques idées reçues.D'abord, il faut rappeler qu'avec un flux net de 100.000 personnes par an, la France est l'un des pays européens qui accueillent le moins d'étrangers. Il y a quelques temps, le minstres français de l'intérieur Claude Guéant, disait vouloir limiter l'immigartion légale et en particulier le regroupement familial. Le pays doit-il limiter l'accueil des étrangers sur son territoire ? Quelles seraient les conséquences sur l �??économie nationale ?A partir de 1974, les flux d'immigration ont été régulés, et depuis une vingtaine d'années, l'arrivée d'étrangers s'est stabilisée autour de 150.000 à 200.000 personnes par an. Par ailleurs 100.000 individus quittent chaque année l'Hexagone (immigrés rentrant chez eux ou Français partant s'installer à l'étranger). Il faut aussi dire que des pays comme la Norvège, l'Italie ou l'Espagne ont une proportion d'immigrés plus de deux fois supérieures à celle de la France. La France a donc peu d'immigrés en proportion de sa population. Leur provenance n'a pas non plus changé depuis vingt ans.Dans ce cas, on comprend mal comment « Les Français ne se sentiraient plus chez eux » pour reprendre les mots du ministre de l'intérieur. Seule la forte concentration des immigrés pourrait peut être expliquer un sentiment de « trop- plein », mais uniquement dans certaines zones géographiques. En effet, «un immigré sur cinq vit en zone urbaine sensible, où le taux de pauvreté est près de trois fois plus élevé que sur l'ensemble du territoire» analyse Patrick Gaubert, président du Haut Conseil à l'intégration.Un autre point important est le poids des immigrés sur les comptes sociaux. La France est l'un des pays les plus généreux en termes de protection sociale et effectivement s'il apparaissait que les immigrés profitent plus du système social que les nationaux, ce serait un «fardeau» financier pour l'Etat et une raison de «conforter» les thèse du FN, qui dénonce depuis toujours «les charges trop lourdes (que le pays ne peut plus supporter) que feraient peser les immigrés sur le budget de l'Etat».Une étude menée récemment montre que «les immigrés issus du Maghreb et de l'Afrique sub-saharienne sont respcetivement de 1,6 et 1,7 fois plus nombreux à recevoir des allocations chômage, et 3,8 et 3,9 fois plus représentés parmi les bénéficiaires du RMI». Puis de rajouter : «Pour autant, même si en moyenne les immigrés semblent payer moins de taxes et recevoir plus de transfert que les natifs, la différence de structure par âge de la population immigrée, regroupée dans les classes d'âges actives, conduit à une contribution nette moyenne des immigrés au budget de l'Etat supérieure à celle des natifs ».Ainsi, sur le strict plan budgétaire, la présence d'immigrés est positive, du fait de l'apport régulier d'individus actifs. Et, monsieur Lionel Ragot, co-auteur de l'étude de conclure : « l'immigration réduit le fardeau fiscal du vieillissement démographique, et sans cet apport, dans l'hypothèse d'une immigration zéro, le besoin de financement de la protection sociale à l'horizon du siècle passerait de 3% à environ 5% du PIB ».Patricia Ntsame