1er août 2011 à 12h44 par La rédaction

Lors de sa première visite en Afrique, quelques mois après son élection, Barack Obama avait choisi de se rendre à Accra la capitale ghanéenne. Le Ghana, c'est le pays de Kwame Nkrumah, l'un des apôtres de l'unité africaine, mais aussi de Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU. Le président américain était venu soutenir la progression de la démocratie dans ce pays anglophone d'Afrique de l'Ouest. En effet, le Ghana est l'un des très rares pays africains à jouer le jeu de l'alternance démocratique. Après l'Afrique anglophone, c'est l'Afrique francophone qui était à l'honneur, avec une visite officielle de quatre chefs d'Etats d'Afrique de l'Ouest.Le 29 juillet dernier, le président Obama a donc reçu quatre de ses homologues africains. Il s'agissait du Béninois Boni Yayi, de l'Ivoirien Alassane Ouattara, du Guinéen Alpha Condé et du Nigérien Mahamadou Issoufou.Une rencontre destinée, selon Washington, à soutenir �??les démocraties en développement�?�. Il faut rappeler que lors de son discours en 2009 au Ghana devant les parlementaires, le numéro 1 américain avait invité les Etats africains à « se doter d'institutions fortes, et non d'hommes forts » C'est donc un signal de plus, envoyé aux dirigeants du continent noir. La démocratie doit s'installer véritablement en Afrique, le message est clair . Le 13 juin, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton , lors d'un discours à ADDIS ABEBA, au siège de l'Union Africaine critiquait les dirigeants qui s'éternisent au pouvoir : « Trop de gens en Afrique vivent encore sous le joug de dirigeants au pouvoir depuis longtemps, des hommes qui s'occupent trop de la longévité de leur règne et pas assez de l'avenir qu'ils doivent bâtir pour leur pays », martelait-elle.Seul hic, le 9 juin, Barack Obama avait également reçu le chef de l'Etat gabonais Ali Bongo Ondimba. Cette visite avait été contestée par une partie de la société civile gabonaise et la presse américaine n'a pas non plus été « tendre » avec le président gabonais. Au soir de leur rencontre, la Maison Blanche publiait finalement un communiqué. On pouvait y lire que Barack Obama a « salué les réformes prises sous la présidence d'Ali Bongo qui ont apporté plus de transparence et de responsabilité au gouvernement. Et le texte ajoute : « Le président Obama a pressé le président Bongo de prendre d'audacieuses mesures pour éradiquer la corruption et réformer le système judiciaire et de toutes les institutions clés afin d'assurer la protection des droits de l'homme. »Des présidents comme Paul Biya, Abdoulaye Wade, Blaise Compaoré ou Faure Gnassingbé, dans ce nouveau contexte de révolutions arabes et de la volonté affichée des Etats-Unis pour l'avènement d'une alternance politique, ne sont donc pas prêts de rencontrer le numéro 1 américain dans les prochains mois. Pour certains, c'est le fait de leur longévité au pouvoir (Biya, Compaoré), pour d'autres c'est le fait du « climat politique tendu » dans leurs pays respectifs (Burkina Faso, Sénégal et Togo). Patricia NTSAME