Par La rédaction

L'Union africaine a inauguré ce jour son nouveau centre, à Addis Abeba, à l'occasion de son 18ème sommet. Un quartier général entièrement conçu, construit et financé par la République populaire de Chine, en signe de l'amitié sino-africaine. La nuit, le nouveau centre de conférence de l'Union Africaine ne passe pas inaperçu. Le dôme qui abrite la salle plénière s'illumine de mille feux dans un arc-en-ciel de couleur, passant du rose au bleu, puis au vert. Annoncé en 2006, à l'occasion du premier sommet de la coopération Chine-Afrique, le Focac, qui s'est tenu à Pékin, la construction de ce nouveau complexe a débuté en janvier 2009. L'Ethiopie qui abrite l'organisation panafricaine depuis sa création en 1963, a également participé à ce projet en offrant un terrain de 11 hectares. Vu d'en haut le centre représente deux bras enlaçant un objet précieux, symbole de l'importance du continent pour l'économie chinoise, et de la solidarité africaine. La construction de ce centre -imposant et majestueux, il faut l'avouer- signe la consécration des relations entre la Chine et l'Afrique. Une vieille relation, certes, mais dont l'importance ne cesse de croître depuis le début du siècle. En 1950, les échanges commerciaux entre l'Afrique et la Chine, s'élevait à 14 millions de dollars. En 2011, ils atteignent 115 milliards de dollars dont la moitié correspond aux exportations africaines vers la Chine. Relation déséquilibrée ? Pas forcément�?� Avec le renforcement de ce partenariat, les pays africains bénéficient de nouveaux investissements, dans les infrastructures notamment. En échange, la Chine assure sa fourniture en matières premières et son rayonnement à l'international. Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a estimé que l'édifice sera « le centre de la lutte pour la renaissance africaine et le symbole d'une Afrique qui se lève ». De son côté, la délégation chinoise a salué « le partenariat gagnant-gagnant » avec le continent. Un partenariat qui « garantit la participation à la gouvernance mondiale ».Croire que ce don de la Chine à l'Afrique asservira le continent à l'empire du milieu serait méconnaître les ressorts de la diplomatie�?� La coopération sino-africaine n'est que l'avant-garde de la diversification des partenaires de l'Afrique. Ainsi résume l'économiste béninois, Guillaume Moumouni, « aujourd'hui, on parle de la Chine, demain ce sera l'Inde ou le Brésil ». Pour le moment, la Chine vient de réussir un merveilleux coup diplomatique, qui montre à quel point le continent est convoité. Aux dirigeants africains, maintenant, de prendre conscience de cette convoitise et d'en faire bon usage�?�Stéphanie HartmannEnvoyée spéciale à Addis-Abeba