14 juin 2012 à 12h51 par La rédaction

La campagne législative au Sénégal s'effectue dans un climat difficile. Elle débute ce dimanche et se déroulera jusqu'au 1 juillet. Ces élections visent à élire les 150 députés qui siègeront à l'Assemblée pour 5 ans. Plusieurs enjeux se dessinent.Premier test pour connaître la popularité de Macky SallLe nouveau président part favori dans les sondages. Il a su maintenir l'unité qui l'avait porté au pouvoir en mars dernier. Officiellement vingt-quatre partis se présentent sous différentes bannières politiques. Mais les alliés du président tels que le parti Benno Siggil Senegaal de Moustapha Niasse, Benno Ak Tannor d'Ousmane Tanor Dieng, ou encore Rewmi d'Idrissa Seck apportent leur soutien à Macky Sall pour ce scrutin législatif comme ils l'avaient fait pour les élections présidentielles. Ces trois partis sont considérés comme des poids lourd de la vie politique sénégalaise. Dés le début de son mandat, Macky Sall a pris de nombreuses mesures comme la suppression de certaines agences étatiques jugées trop coûteuses et la baisse des prix des denrées. L'opposition avait alors crié au scandale et jugé ces mesures comme des « effets d'annonce ».Le PDS, le parti de Wade essaie de se maintenir sur la scène politiqueWade n'est pas un homme qui abdique facilement. On pensait qu'il allait se retirer du monde politique et mener une vie paisible. Et pourtant rien de tout cela ! Pendant son silence médiatique, il continuait à recevoir des personnalités politiques, économiques voire culturelles et sportives dans une villa à Fann, un quartier huppé de Dakar. Il préparait son probable dernier combat : les législatives. Son but étant de maintenir le parti qu'il a crée au pouvoir. Abdoulaye Wade sait que s'il quittait la vie politique, son parti n'y survivrait pas. Pourtant, le PDS semble très affaibli. En effet, après avoir tenté de mettre son fils, Karim Wade, à la tête du pays, le président sortant souhaite l'imposer à la tête du parti. Ses proches collaborateurs comme Abdoulaye Baldé, Pape Diop, Amadou Seck et Moustapha Guirassy ont rompu avec le Gorgui (le « Vieux » en wolof). Ils présenteront une liste alternative : l'Alliance Bokk Guiss Guiss (« même vision », en wolof).Les auditions gangrènent le scrutinLa population s'intéresse plus à ces auditions qu'aux élections législatives. Cette affaire des « audits » a commencé dés l'arrivée au pouvoir de l'ancien dauphin de Wade ; en effet, Macky Sall avait promis de revoir la gestion des biens publics et l'enrichissement illégal. Le président a crée une Cour de répression de l'«enrichissement illicite » afin de revoir les comptes de l'Etat et de poursuivre toute personne pour détournement. D'anciens membres du gouvernement de Wade se sont fait saisir leurs véhicules appartenant à l'Etat. En réponse, ceux-ci accusent Macky Sall de se servir de ces audits pour mener tranquillement sa campagne législative. Des membres du PDS veulent même que le nouveau président soit auditionné au vue de sa déclaration de patrimoine évaluée à 4 milliards de FCFA (soit 6,1 millions d'euros environ).Macky Sall a appelé au calme: « Ceux qui n'ont rien à se reprocher doivent être calmes parce que rien ne pourra leur arriver. Nous ne sommes pas une République bananière ».Diaraou BALDE