Par La rédaction

Le film, réalisé par Thierry Michel « L'Affaire Chebeya, un crime d'�?tat? », est interdit de diffusion en République Démocratique du Congo. Le film retrace l'histoire du militant des droits de l'Homme et président de l'ONG « La Voix des Sans Voix », Floribert Chebeya retrouvé assassiné ainsi que de son chauffeur et ami Fidèle Bazana dont le corps n'a toujours pas été retrouvé.Le réalisateur « persona non grata » en RDCThierry Michel devait assister à la projection de son film à Kinshasa ainsi que dans plusieurs régions du pays. Le réalisateur s'est vu refouler, dimanche soir à l'aéroport de Kinshasa. Les autorités congolaises lui ont reproché de ne pas disposer de visa de sortie, un document que les résidents dont il fait partie n'ont pas besoin. « Ce n'est pas la première fois que Thierry Michel vient en RDC. Nous sommes sûrs que s'il a été refoulé, c'est parce qu'on a refusé la projection du film », a déclaré Dolly Idef._ Lambert Mende, ministre des Médias explique que « le film ne doit pas être diffusé tant que le procès en appel est en cours devant la Haute cour militaire de justice à Kinshasa ».Le ministre déclare "je suis parmi les premiers étonnés que le procès n'ayant pas pris fin, le film soit déjà sur la place publique, avec un verdict avant le verdict. On désigne le coupable, c'est le président de la République (Joseph Kabila), alors que la justice est encore en train de statuer" et il rajoute avoir « écrit aux personnes qui ont souhaité que ce film soit autorisé à la diffusion sur notre territoire que nous ne pouvions pas, comme �?tat, favoriser cette espèce de mépris vis-à-vis de notre institution judiciaire, qu'il fallait mieux attendre ».Le cinéaste belge réfute les arguments fournis par l'ambassade de RDC en Belgique. Il a adressé un communiqué à l'agence BELGA avec en annexe une copie de ses visas. D'autant plus, que ses visas stipulaient qu'il n'avait aucune démarche consulaire à effectuer. Et Il a également présenté l'autorisation de tournage que lui avait accordé le ministre de l'Information le 16 février dernier et valable jusqu'au 21 février 2013. Il souhaite l'annulation de son expulsion.Des révélations qui pourraient relancer l'enquête ChebeyaLors d'une conférence de presse donnée ce mardi, Thierry Michel a déclaré, devant le Parlement européen à Bruxelles, détenir un témoignage d'un policier qui prétend avoir assisté à l'assassinat du président de la Voix des Sans Voix. C'est le Major Paul Mwilambwe, jugé par contumace et réfugié dans un pays africain, qui aurait fourni des informations sur les circonstances précises du meurtre. L'exilé aurait même fait un dessin représentant la fosse commune où les corps sont enterrés. Leur dernière communication remonterait à quelques jours. Dans l'extrait en notre possession, Paul Mwilambwe affirme que c'est le général Numbi, actuellement suspendu de ses fonctions, qui aurait commandité le meurtre. Le major Christian Ngoy devait exécuter Floribert Chebeya ainsi que son chauffeur. En échange, il percevrait 500 000 dollars mais finalement, il n'aurait reçu que 10 000 dollars pour quitter le pays et il se trouverait au Rwanda. Paul Mwilambwe assure que les raisons de l'assassinat est qu'il détenait des informations sur les massacres des adeptes de la secte Bundu dia Kongo, perpétrés par des policiers en 2007 et 2008. Des informations qu'il avait l'intention de transmettre au roi Albert II à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance.Ce témoignage est certes très précieux mais à prendre avec d'énormes précautions. En effet, le procès doit reprendre le 17 juillet. Le tribunal doit statuer sur la demande des parties civiles de voir John Numbi comparaître comme prévenu. _ Affaire à suivre.Diaraou BALDE