Par La rédaction

ANTANANARIVO (AFP)

Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de transition (HAT) à Madagascar, a affiché vendredi sa volonté d'ouvrir le gouvernement et les institutions aux membres de l'opposition qui sont restés à l'écart du processus actuel de sortie de crise, a constaté l'AFP.

"Le bateau va continuer à avancer, et ceux qui ne sont pas encore montés à bord peuvent le faire.Nous sommes tous Malgaches, et nous allons lancer une bouée de sauvetage à ceux qui sont à l'eau", a-t-il déclaré.

"Nous allons mettre en place un gouvernement d'Union nationale, ce n'est plus le moment de la négociation mais celui de l'ouverture", a-t-il précisé, s'exprimant devant un parterre de plusieurs milliers d'invités à l'occasion d'une cérémonie de voeux, retransmise en direct par les médias publics.

Madagascar est plongée dans une grave crise politique depuis mars 2009 et le renversement de l'ex-président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina alors maire d'Antananarivo.

En l'absence de solution consensuelle avec les anciens présidents malgaches, un accord politique signé par M. Rajoelina avec une centaine de partis politiques a permis, en novembre, l'adoption par référendum d'une nouvelle Constitution.

La suite du calendrier de sortie de crise prévoit des élections législatives, prévues le 16 mars mais qui devraient être repoussées suite à une réunion entre le Premier ministre et de nombreux partis politiques.

Ces dernières semaines, des rapprochements entre les différences forces politiques du pays ont permis d'entrevoir la mise en place d'un "gouvernement d'union nationale".

"Les personnes de bonnes volontés, d'où qu'elles viennent et qui veulent le développement de Madagascar, sont les bienvenues", a insisté M. Rajoelina, alors que l'opposition était absente de la cérémonie.

S'exprimant aussi à la tribune, le général Camille Vital, premier ministre contesté par l'opposition, a "réitéré la volonté du gouvernement à poursuivre sa mission, dans le but d'aider le peuple malgache".

La feuille de route actuelle des autorités malgaches n'est pas reconnue par la communauté internationale, qui continue d'appeler à un processus davantage consensuel et inclusif.

Emissaire du médiateur de la SADC (Communauté des Etats d'Afrique australe) Joachim Chissano, Leonardo Simao est à Antananarivo depuis mercredi, et poursuit ses consultations avec les politiciens malgaches.