Par La rédaction

Le Caire (AFP)

A deux mois de son coup d'envoi, la Coupe d'Afrique des nations (CAN) doit trouver en urgence un pays hôte: elle n'aura pas lieu au Maroc, qui est de surcroît disqualifié, après avoir demandé en vain le report de la compétition à cause d'Ebola.

La sanction est tombée mardi au Caire, à l'issue d'une réunion du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), et au terme d'un bras de fer d'un mois. 

Depuis le 10 octobre, le Maroc, qui devait être le pays organisateur, avait demandé à plusieurs reprises à la CAF le report de la CAN (17 janvier-8 février) à cause de l'épidémie d'Ebola.Une hypothèse que l'instance suprême du football africain a toujours catégoriquement exclue.

Mardi, la CAF a jugé que le maintien de cette demande par le Maroc équivalait à un "refus d'organiser la compétition aux dates indiquées"."La CAN n'aura pas lieu au Maroc" et cette équipe nationale est "automatiquement disqualifiée", a-t-elle tranché.

Un responsable du ministère des sports marocain, interrogé par l'AFP à Rabat, n'a pas souhaité faire de commentaire après ces décisions.

Le Maroc exclu, la CAF doit maintenant trouver un plan B pour accueillir la plus grosse compétition sportive africaine, ce qui ne sera pas chose facile aussi près de l'échéance. 

"Le comité exécutif a pris note de la réception, le 10 novembre, de quelques candidatures d'associations nationales confirmant leur souhait d'organiser la compétition 2015 aux dates arrêtées", a affirmé la CAF dans un communiqué publié sur son site internet. 

"Ces candidatures sont actuellement à l'étude, le comité exécutif finalisera la sélection de l'association nationale retenue sous peu, et confirmera le lieu et la date du tirage au sort de la phase finale par la même occasion", poursuit le texte.

"La décision sera finalisée dans les prochains jours", a précisé  à l'AFP le porte-parole de la CAF, Junior Binyam, à la sortie de la réunion.

- D'autres sanctions ? -

Dès l'émergence d'un désaccord entre la CAF et le Maroc, tous les regards s'étaient tournés vers l'Afrique du Sud, premier pays d'Afrique à avoir accueilli un Mondial, en 2010, et qui a organisé la CAN-2013 à la place de la Libye post-Kadhafi. 

Mais la nation arc-en-ciel avait fait savoir, fin octobre, que ce n'était pas possible budgétairement.D'autres pays sont souvent cités comme des solutions possibles: le Nigeria, où le contexte sécuritaire est cependant tendu, l'Angola, et surtout l'Egypte, où la CAF a son siège et qui dispose des infrastructures.

Outre sa disqualification, le Maroc s'expose à d'autres sanctions, peut-être financières, comme l'a laissé entendre la CAF dans son communiqué.Elle a prévenu qu'elle "appliquerait ultérieurement les dispositions règlementaires qui s'imposent, suite au non-respect par la Fédération Royale Marocaine de Football des clauses règlementaires et contractuelles" liées à l'organisation de la compétition.

Samedi 8 novembre, au terme d'un ultimatum fixé par la CAF, le Maroc avait renouvelé sa demande de report de la compétition, réclamant un délai d'un an, jusqu'à janvier 2016, en raison selon lui d'un  "cas de force majeure sanitaire".

Le royaume avait pour la première fois sollicité le report de la CAN le 10 octobre, à cause de la propagation du virus Ebola, qui a fait près de 5.000 morts, essentiellement dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Guinée, Libéria, Sierra Leone).

La CAN opposera 16 équipes (15 pays qualifiés plus le pays-hôte).Les derniers qualifiés seront connus après les ultimes journées des matches éliminatoires, les 15/16 et 19 novembre.