A Bamako, les ministres de l'Uémoa se soucient de la crise en Côte d'Ivoire

Par La rédaction

BAMAKO (AFP)

La crise politique en Côte d'Ivoire était de nouveau, vendredi, au centre d'une réunion des ministres des Finances de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) organisée dans la capitale malienne, en présence de deux ministres envoyés par Alassane Ouattara.

A Bissau, le 23 décembre, les ministres des Finances de l'Uémoa avaient demandé à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) d'autoriser uniquement les représentants du président ivoirien "légitimement élu", Alassane Ouattara, à gérer les comptes du pays.Aucun représentant de la Côte d'Ivoire n'avait alors été admis à participer.

Cette fois, deux ministres du gouvernement du Premier ministre Guillaume Soro - Charles Koffi Diby (Finances) et Albert Mabri Toikeusse (Plan) - devaient participer à la réunion qui a débuté en fin de matinée dans les locaux de la BCEAO, selon une source proche de la rencontre.

Puis, dans l'après-midi, le gouverneur de la BCEAO, l'Ivoirien Philippe-Henri Dacoury-Tabley, devait donner une conférence de presse très attendue, à Bamako.

La Côte d'Ivoire est plongée dans une très grave crise depuis l'élection présidentielle du 28 novembre.Selon l'ONU, les violences y ont fait 210 morts depuis la mi-décembre.

Alassane Ouattara a été reconnu président par la communauté internationale et déclaré vainqueur par la commission électorale ivoirienne, alors que Laurent Gbagbo, président sortant, a été déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel.

L'Uémoa regroupe sept pays francophones d'Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Togo, Sénégal et Côte d'Ivoire) ainsi que la Guinée-Bissau, pays lusophone.Tous ont le franc CFA comme monnaie commune et la BCEAO comme institut d'émission.

A l'ouverture de la réunion, le ministre des finances bissau-guinéen Jose Mario Vaz, a globalement évoqué "une reprise modérée de l'activité économique" au troisième trimestre 2010."Dans ce contexte, l'Uémoa devrait enregistrer en 2011 un taux de croissance de 4,5%, contre 3,9 % en 2010 et 3% en 2009", a-t-il dit.