A Noël, le pape plaide le dialogue, sur fond d'attentats anti-chrétiens

Par La rédaction

CITE DU VATICAN (AFP) - (AFP)

Le pape Benoît XVI a lancé pour Noël de vibrants appels pour la solidarité avec les "sans voix" victimes de la sècheresse dans la Corne de l'Afrique et la cessation de la violence dans plusieurs pays, demandant notamment l'arrêt du bain de sang en Syrie.

La fête de Noël, qui célèbre Jésus comme "prince de la paix", a été endeuillée par les attentats contre diverses églises au Nigéria qui ont fait au moins 32 morts.

Si le pape ne les a pas évoqués, le Vatican a dénoncé "une haine aveugle" qui vise à "alimenter encore plus de haine et de confusion" dans le sixième pays au monde par le nombre des chrétiens.

Par un temps doux et ensoleillé, Benoît XVI, âgé de 84 ans, assis dans la loggia de la basilique Saint-Pierre, a prononcé le traditionnel message de Noël "urbi et orbi" ("à la ville et au monde") et salué les dizaines de milliers de fidèles en 65 langues.

Alors que de lourdes incertitudes pèsent sur 2012 --des effets de la crise financière sur les plus pauvres au sort des chrétiens d'Orient--, le pape a dit vouloir parler pour "ceux qui n'ont pas de voix".

Premier des drames cités par Benoît XVI: la sécheresse dans la Corne de l'Afrique."Que la communauté internationale ne prive pas de son aide les nombreux réfugiés, durement éprouvés dans leur dignité", a-t-il dit, renouvelant son appel pour cette crise oubliée.

Le souverain pontife a évoqué le "printemps arabe" en demandant que Dieu "donne une vigueur renouvelée, pour l'édification du bien commun, à toutes les composantes de la société dans les pays de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient", invitant indirectement les chrétiens à jouer leur rôle sans émigrer.

Le Vatican est très inquiet des menaces islamistes contre les minorités chrétiennes, en Egypte et en Irak notamment, où des catholiques ont évité de célébrer Noël dans des églises la nuit par crainte d'attentats.

Le pape a évoqué l'Irak et l'Afghanistan comme des pays où il souhaite "réconciliation" et "stabilité".

Alors qu'une visite au Liban est envisagée en 2012, Benoît XVI a exprimé ses vives inquiétudes pour la Syrie, où la très ancienne minorité chrétienne, bien intégrée, craint l'avenir.

 "Puisse le Seigneur faire cesser les violences en Syrie, où beaucoup de sang a déjà été versé".Et il a "encouragé" dans la terre natale du Christ "la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens".

Le pape a appelé de ses voeux la "stabilité politique" dans la région des Grands Lacs, faisant allusion à la situation tendue après les élections présidentielles en République démocratique du Congo, un des grands pays catholiques d'Afrique.

Il a évoqué "la sauvegarde des droits de tous les citoyens" au Sud-Soudan.

Le pape n'a pas parlé de l'Amérique Latine, continent qui compte le plus de catholiques où il ira en mars (Cuba et Mexique).Il a cité l'Asie, saluant l'ouverture démocratique en Birmanie et exprimant sa solidarité aux victimes des inondations en Thaïlande et aux Philippines.

Il a prononcé en latin une "indulgence plénière" (le pardon des pêchés) à tous ceux qui avaient suivi son message sur la place Saint-Pierre, sur leurs chaînes de télévision ou sur internet.

Durant la longue messe de minuit, pendant laquelle il était apparu fatigué, comme lors du message "urbi et orbi", Benoît XVI a axé sa réflexion sur ce qu'est devenu Noël, fête de la consommation, et sur "l'humilité" de Jésus.Les hommes doivent en redécouvrir le message radical de paix, dans "un monde continuellement menacé par la violence", a-t-il dit.Il a invité les Occidentaux à abandonner "l'orgueil" d'une mentalité rationaliste qui prétend "décider ce qui est bien et mal" et "se substituer à Dieu".

Cette fête de Noël était un important anniversaire de l'Eglise: celui des 50 ans de la déclaration "Humanae Salutis" par laquelle le pape Jean XXVIII avait annoncé le Concile Vatican II (1962/65).