Accord de paix/Centrafrique: le gouvernement se conforme aux arrangements (Premier ministre)

4 mars 2019 à 16h35 par AFP

AFRICA RADIO

Le nouveau gouvernement centrafricain nommé dimanche se conforme aux arrangements de l'accord de paix signé début février, a déclaré lundi le Premier ministre, Firmin Ngrebada, alors que cinq groupes armés l'ont désavoué, estimant qu'il ne le respectait pas.

Le gouvernement "obéit aux arrangements", a déclaré le Premier ministre dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux. Il "faut éviter tous les actes qui pourraient nous ramener en arrière".Dimanche, en application de l'accord signé le 6 février à Bangui et négocié à Khartoum, un "gouvernement inclusif" a été formé.Depuis, cinq des 14 groupes armés signataires de l'accord ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme un manque d'inclusivité.Dans la nouvelle équipe gouvernementale, aucun ministère régalien n'a changé de titulaire. Six des quatorze groupes armés ont obtenu des ministères.Le nouveau gouvernement est "le début du processus que nous avons retenu ensemble" entre autorités et groupes armés, a déclaré M. Ngrebada, soulignant que Bangui allait "par la suite (...) élargir la base de la participation de tous à la gestion des affaires du pays".Parmi les cinq groupes réfractaires à la nouvelle équipe gouvernementale figurent les trois principaux groupes armés issus de l'ex-coalition de la Séléka, qui avait pris Bangui en 2013: le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), et l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC).Tous trois ont eu des représentants nommés à des postes ministériels, mais estiment n'en avoir pas eu assez."Aujourd'hui nous avons un gouvernement de 36 membres, il n'était pas possible de faire rentrer dans le gouvernement cinq personnes par groupe armé, (...) cela aurait donné un gouvernement pléthorique que personne n'aurait pu accepter", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui."Nous sommes à la moitié du chemin, il faut continuer en raison gardant", a-t-il ajouté.Le Premier ministre et le porte-parole du gouvernement ont tous deux rappelé que des mécanismes avaient été mis en place dans l'accord en cas de mécontentements.Cet accord de paix, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.Aucun des précédents accords de paix n'a abouti à un retour de la stabilité dans ce pays dont un quart des habitants ont dû fuir leur domicile.