Accord Paris-Rabat sur le nucléaire civil, convergence sur le Sahara

2 juillet 2010 à 13h40 par La rédaction

PARIS (AFP)

Paris et Rabat ont signé vendredi un accord de coopération sur le nucléaire civil et affiché une convergence de vue sur l'idée d'une autonomie du Sahara occidental, à l'occasion de la visite en France du Premier ministre marocain, Abbas El Fassi.

Paris et Rabat ont signé un accord de coopération pour "le développement des utilisations pacifiques" du nucléaire civil par le Maroc qui, contrairement à l'Algérie, n'a pas de réserves de gaz ni de pétrole mais des phosphates qui renferment de l'uranium.

Le Maroc compte mettre en service sa première centrale entre 2022 et 2024 et prévoit pour cela des appels d'offres et des négociations de contrats entre 2011 et 2014.

"Nous avons ouvert le chantier des énergies renouvelables, solaire et éolienne (...), il nous restait une étape à franchir, le nucléaire", a déclaré le Premier ministre marocain lors d'une conférence de presse.

L'accord "fixe le cadre des actions susceptibles d'être réalisées par les deux pays en particulier dans le domaine technologique, de la sûreté et de la formation".

C'est un "accord cadre qui permet d'accompagner le Maroc sur le chemin de la préparation de son entrée sur le champ de l'énergie nucléaire", mais pas d'un "accord commercial pour la construction aujourd'hui d'un réacteur nucléaire", a précisé le Premier ministre français François Fillon.

"Dans une deuxième étape, naturellement que la France fera des propositions en ce sens, compte tenu de l'excellence de sa technologie et de ses entreprises", a-t-il ajouté.

Lors de cette rencontre, les deux hommes ont également affiché une convergence de vues sur la proposition marocaine d'une large autonomie pour le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole riche en phosphate annexée en 1975 par le Maroc qui refuse l'indépendance du territoire.

François Fillon a réitéré l'appui de Paris à cette proposition qui, a-t-il dit, "semble être la base la plus pertinente pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons".

"Pour nous le statu quo ne peut pas être un objectif, il faut un accord, absolument indispensable pour le développement et la sécurité de la région", a-t-il dit.

Les indépendantistes du Front Polisario, soutenu par l'Algérie, ont combattu pour l'indépendance du territoire jusqu'à la conclusion d'un cessez-le-feu en 1991 sous l'égide de l'ONU.

Ils réclament un référendum d'autodétermination, sous l'égide de l'ONU, qui laisserait aux Sahraouis le choix entre trois options: rattachement au Maroc, indépendance ou autonomie sous souveraineté marocaine.

Abbas El Fassi a accusé l'Algérie d'être "dans une position de statu quo"."L'arme de l'Algérie c'est l'achat des armes" pour le Front Polisario, a-t-il accusé.Il a plaidé pour "une solution politique et juste" qui sauvegarde "les liens d'amitié et de fraternité avec l'Algérie pour pouvoir construire le Maghreb arabe".

Le Premier ministre marocain était à Paris pour signer une dizaine d'accords avec la France, à l'occasion de la 10ème rencontre ministérielle de haut niveau franco-marocaine.Il devait voir dans l'après-midi le président Nicolas Sarkozy.