Accusations Bourgi: le Gabon demande de "laisser reposer en paix" Omar Bongo

Par La rédaction

LIBREVILLE (AFP) - (AFP)

Le Gabon demande "de laisser reposer en paix" le défunt président Omar Bongo Ondimba, décédé en juin 2009, qui a été accusé par l'avocat Robert Bourgi de financements occultes avec d'autres dirigeants africains à des dirigeants politiques français, a annoncé à l'AFP la porte-parole de la présidence mercredi.

"Le peuple gabonais réitère son voeu de voir les Français et les amis du Gabon laisser reposer en paix le président défunt", a déclaré Clémence Mezui Me Mboulou, appelant à respecter "les traditions gabonaises qui veulent qu'on laisse en paix les baobabs qui se sont couchés pour l'éternité".

Par ailleurs, "le président de la République gabonaise (Ali Bongo Ondimba) estime que c'est une affaire franco-française dans laquelle le Gabon n'est en aucune sorte mêlé", a-t-elle affirmé.

"Notre présidence date de 2009, on répond des faits à partir de là", avait déclaré dès la publication dans la presse des accusations de Me Bourgi dimanche une source à la présidence sous couvert de l'anonymat, ajoutant "nous ne nous sentons pas concernés par conséquent".

"Les auteurs de ces propos savent pourquoi ils les ont tenus (...) en période d'élection (en France) (...) cela ne regarde en aucun cas le peuple gabonais et son chef", a poursuivi Mme Mezui.

Ali Bongo, fils d'Omar Bongo, a été élu le 30 août 2009 lors d'une présidentielle anticipée à tour unique contestée par l'opposition et les accusations de Me Bourgi portent sur une période antérieure.

Interrogée sur l'éventualité que la famille Bongo dépose plainte pour "diffamation", à l'image de Karim Wade, le fils du président sénégalais Abdoulaye Wade, la porte-parole a répondu: "Je puis vous dire que la famille Bongo est beaucoup plus occupée par le travail du président de la République".

Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour entendre Me Bourgi qui a notamment accusé l'ancien président Jacques Chirac, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin et l'ex dirigeant du parti d'extrême droite Front National Jean-Marie Le Pen, d'avoir reçu des fonds occultes de chefs d'Etat africains, en particulier d'Omar Bongo.