Affaire Regeni: 4 policiers égyptiens jugés en octobre à Rome

Par AFP

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Quatre policiers égyptiens mis en cause dans le meurtre de l'étudiant italien Giulio Regeni en 2016 au Caire seront jugés à partir du 14 octobre à Rome, a décidé mardi un juge de la capitale italienne.

Ses parents "disent souvent que concernant Giulio tout les droits humains ont été violés, mais à partir d'aujourd'hui nous avons bon espoir que le droit à la vérité au moins ne sera pas violé", a réagi Alessandra Ballerini, l'avocate de la famille, citée par l'agence italienne AGI."Ca nous a pris 64 mois, mais c'est un bon objectif atteint et un bon point de départ", a-t-elle ajouté.Les accusations contre les quatre hommes membres de la Sûreté nationale - le général Tariq Sabir, les colonels Athar Kamel Mohamed Ibrahim et Hossam Helmi, et le major Magdi Ibrahim Abdelal Sharif- vont de l'enlèvement à la conspiration pour commettre un meurtre et infliger des lésions corporelles graves.En janvier 2016, l'étudiant italien Giulio Regeni, âgé de 28 ans, avait été enlevé par des inconnus et son corps retrouvé torturé et atrocement mutilé quelques jours plus tard dans la banlieue du Caire. Il enquêtait sur les syndicats, sujet très sensible dans le pays.Les enquêteurs italiens ont accusé les agents des services secrets égyptiens de l'avoir "torturé pendant des jours en lui infligeant brûlures, coups de pied, coups de poing, et en usant d'armes blanches et de bâtons", avant de le tuer. Une thèse vivement rejetée par Le Caire.Ils avaient identifié en 2018 cinq suspects, tous membres des services de renseignements. Le parquet italien, qui avait classé sans suite le dossier de l'un des cinq suspects, estime que l'étudiant est mort d'une insuffisance respiratoire provoquée par les coups portés par le major Sharif. Le procès devrait se dérouler par contumace, car l'extradition des quatre suspects égyptiens est hautement improbable.Le 31 décembre, le gouvernement italien avait jugé "inacceptable" la décision du parquet égyptien de dédouaner les policiers de la Sûreté nationale mis en cause dans cette affaire.Piétinant sans cesse, l'affaire a longtemps empoisonné les relations entre Le Caire et Rome, l'Italie accusant régulièrement les autorités égyptiennes de ne pas coopérer, voire d'orienter les enquêteurs italiens vers de fausses pistes.La semaine dernière, le chef du gouvernement Mario Draghi a reçu les parents de Giulio Regeni ainsi que leur avocate.