Afghanistan: les fournitures médicales suffisantes pour une semaine seulement

24 août 2021 à 12h01 par AFP

AFRICA RADIO

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé mardi que son stock de matériel médical restant en Afghanistan était suffisant "pour une semaine" seulement, 10 jours après la chute de Kaboul aux mains des talibans.

"Les fournitures médicales dont dispose aujourd'hui l'OMS sur place ne suffisent que pour une semaine", a affirmé Ahmed al-Mandhari, à la tête de la région "Méditerranée orientale" qui s'étend pour l'OMS du Maroc au Pakistan."Hier, 70% de ces équipements ont été acheminés vers les établissements de santé", a-t-il ajouté.Selon le directeur, 500 tonnes métriques de médicaments et de matériaux médicaux sont coincés dans un entrepôt à Dubaï, aux Emirats arabes unis, en raison des efforts d'évacuation chaotiques à l'aéroport de Kaboul, qui est dans l'incapacité de recevoir des vols commerciaux."Les pays qui affrètent des avions vides pour transporter des évacués se sentent incapables de pouvoir aider", explique M. Mandhari. Dimanche, l'OMS et l'Unicef ont conjointement appelé à "l'établissement immédiat d'un pont aérien humanitaire fiable et robuste pour acheminer les équipements" médicaux."Même avant les événements des dernières semaines, l'Afghanistan représentait la troisième plus grande opération humanitaire au monde, avec plus de 18 millions de personnes nécessitant une assistance", ont indiqué les organisations onusiennes dans leur communiqué.Les Américains ont accentué mardi leurs efforts pour évacuer au plus vite des milliers d'Afghans et d'étrangers de Kaboul, les talibans ayant averti qu'ils ne toléreraient plus ces opérations au-delà de la date limite du 31 août.Près de 50.000 Afghans et ressortissants étrangers ont fui le pays depuis l'aéroport de Kaboul après la prise du pouvoir par les talibans, selon le gouvernement américain. Ils craignent l'instauration d'une interprétation et application ultrarigoriste de la loi islamique (charia), imposée par les talibans à l'époque où ils dirigeaient le pays entre 1996 et 2001. D'anciens employés gouvernementaux craignent par ailleurs des représailles de la part des islamistes pour leur travail avec l'ancien gouvernement, allié des Etats-Unis, au cours des 20 dernières années.