Africa N°1 - Le MNLA n'écarte pas l'hypothèse d'un dialogue avec Bamako !

Par La rédaction

Hama Ag Sid Ahmed, porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad était l'invité du Grand Débat de Francis Laloupo ce Lundi 2 Juillet. Au cours de l'entretien il a tenu un discours un peu différent de celui que tenait le mouvement jusque là. Même si les griefs envers Bamako semblent lourds, une alliance objective en vue de libérer la région des groupes islamistes Mujao, Ansar Edine et Aqmi ne semble plus tout à fait écartée. [Ecoutez l'intégralité du Grand Débat du Lundi 02 Juillet 2012->http://www.africa1.com/spip.php?article23349]Francis Laloupo : Où en êtes-vous dans vos rapports avec Bamako ?Hama Ag Sid Ahmed : Pour nous, si Aqmi s'est installé dans la région, c'est avec le feu vert de Bamako. Il y a des officiers et des politiques qui sont en connexion avec les émirs d'Aqmi. Certains émissaires dépêchés par Bamako pour libérer les otages sont souvent des intermédiaires pour vendre des armes et des munitions. F.L : Etes-vous encore des interlocuteurs valables pour le Burkina Faso et pour le CEDEAO ?Hama Ag Sid Ahmed : Bien entendu que le MNLA est un interlocuteur. Le MNLA occupe encore 80% du territoire du nord du Mali. Nous avons la capacité militaire de reconquérir le reste. Mais c'est une guerre d'usure.Mais vous savez, ce qui se passe au nord du Mali est imputable au pouvoir de Bamako qui n'a jamais voulu entre autre chasser les groupes terroristes, ni discuter avec ceux qui avait des revendications légitimes.F.L : Peut-on imaginer une alliance objective entre le MNLA et l'armée malienne ?Hama Ag Sid Ahmed : Déjà il faudrait définir dans quel cadre faire cette alliance. Il faudrait amener le MNLA à discuter avec le pouvoir de Bamako. Il faudrait des garanties internationales et là on pourrait avoir de nouvelles bases. F.L : Pourriez-vous travailler avec l'Algérie et la Mauritanie?Hama Ag Sid Ahmed : Oui nous sommes en négociation avec l'Algérie et la Mauritanie. Une nouvelle dynamique se met en place. [�?�] Parler d'indépendance, ce n'est pas tabou. Pourquoi est-on choqué à Bamako lorsque l'on parle d'une indépendance des trois régions du nord, Gao, Tombouctou et kidal, des régions qui sont abandonnées, rejetées, on se demande même si leur population fait partie du Mali. On sait que le Mali a des difficultés économiques à cause d'une mauvaise gestion. Il n'est pas étonnant de dire que le nord a besoin d'une indépendance. C'est à lui de se désenclaver et de prendre ses responsabilités. Pour moi la faute revient à Bamako. F.L : Et le problème des armes ?Hama Ag Sid Ahmed : Vous savez l'armée malienne n'est pas sous équipée. Elle a été équipée par les Etats-Unis. Mais les militaires qui sont venus dans le nord du Mali n'en voulaient pas, ils sentaient que ça ne les concernaient pas. Ils s'en foutent de ce qui se passe dans le nord. Même si Sanogo* reprenait le pouvoir, il ne pourrait pas obliger les militaires à retourner dans le nord. Même avec des missiles. C'est une question de motivation. F.L : Votre objectif aujourd'hui est-il de chasser les occupants du Nord, ceux qui prônent la charia dans le nord ?Hama Ag Sid Ahmed : La question que je pose. Y-a-t-il aujourd'hui à Bamako un pouvoir en mesure de discuter ? J'espère que nous aurons d'ici quelques semaines ou quelques mois la réponse. Nous, nous appelons la communauté internationale à apporter des solutions et à soutenir tous ceux qui souhaitent mettre hors d'état de nuire tous ces groupes qui sont venus de l'extérieur remettre en cause la tradition et la culture de ce pays.