Afrique du Sud: 4 Blancs jugés pour une vidéo raciste reconnus coupables

27 juillet 2010 à 15h26 par La rédaction

BLOEMFONTEIN (AFP)

Quatre Sud-Africains blancs ont été jugés coupables mardi d'atteinte à la dignité d'employés noirs de leur ancienne université qu'ils avaient mis en scène dans une vidéo raciste en 2007.

"Ils n'avaient pas l'intention de blesser les quatre femmes et l'homme filmés, mais ils se sont engagés volontairement dans le tournage", a estimé le juge Mziwonke Hinxa du tribunal de Bloemfontein (centre).

"Nous les déclarons coupables des charges retenues contre eux", a-t-il ajouté, en reportant la décision sur la peine au lendemain.

Johnny Roberts, Schalk van der Merwe, RC Malherbe et Danie Grobler avaient tourné en 2007, alors qu'ils étaient étudiants à Bloemfontein, un film amateur destiné à montrer leur opposition à la mixité dans les résidences de l'université.

A l'écran, ils humiliaient des employés noirs du campus lors d'une parodie de bizutage, notamment en les faisant boire dans des seaux où l'un d'eux avait apparemment uriné.

Lors de l'audience, ils ont plaidé coupable d'atteinte à la dignité mais ont affirmé ne pas avoir, en fait, uriné dans les seaux.

La diffusion de la vidéo, début 2008, avait suscité l'indignation dans le pays, rappelant que le racisme pouvait exister même dans les générations éduquées après la chute de l'apartheid.

L'université de Bloemfontein a été fondée il y a 105 ans au coeur du pays Afrikaner - ces descendants des premiers colons européens qui parlent une langue dérivée du Néerlandais.

Après l'avènement de la démocratie multiraciale, en 1994, elle s'est ouverte aux étudiants noirs, qui représentent aujourd'hui 65% de ses effectifs.Mais chaque groupe racial a continué de vivre à l'écart.

Pour forcer les étudiants à se connaître, l'équipe de direction a imposé la mixité raciale dans les résidences universitaires à partir de janvier 2008.C'est cette décision qui avait déclenché la furie des auteurs de la vidéo raciste.

La diffusion de leur film avait entraîné leur suspension de l'Université.Mais un an plus tard, un nouveau recteur noir, Jonathan Jansen, avait autorisé leur réintégration au nom de la réconciliation raciale.

Sa décision avait ravivé le débat.Le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), lui avait reproché de faire passer les droits des accusés avant ceux des victimes.