Afrique du Sud: aucun espoir de trouver des survivants dans l'édifice effondré

20 novembre 2013 à 16h24 par La rédaction


Tongaat (Afrique du Sud) (AFP)

Il ne restait aucun espoir mercredi soir de retrouver des survivants dans les décombres d'un centre commercial sud-africain effondré, où les autorités craignent un bilan bien pire que le mort et les 29 blessés graves recensés jusque-là.

Le toit du bâtiment en construction, situé près de Durban (est), s'était effondré mardi, les regards se tournant tout de suite vers un promoteur peu scrupuleux.

Pendant 10 heures, les sauveteurs ont exploré les décombres dans l'espoir de trouver des survivants.Mais malgré l'aide de fibres optiques et de chiens spécialisés, aucun signe de vie n'a été décelé et les recherches ont été interrompues pour permettre de déblayer les tonnes de béton.

"Malheureusement, nous n'avons rien trouvé de positif dans la nuit et les recherches ont été suspendues pour aujourd'hui", a indiqué à l'AFP la porte-parole de la police locale, Mandy Govender, tandis qu'une enquête pour homicide volontaire a été ouverte.

Les efforts pour établir le bilan exact sont compliqués par l'heure à laquelle s'est produit l'accident mardi à Tongaat, à environ 40 km au nord de Durban.

La dalle de toit du bâtiment s'est effondrée au moment où les ouvriers s'apprêtaient à rentrer chez eux.La chaîne des sous-traitants et le recours à de la main-d'oeuvre immigrée illégale ajoutent à la difficulté de dénombrer d'éventuels disparus.

Une femme a été retrouvée morte et 29 blessés graves ont été secourus dans les trois premières heures.

Mais "nous n'avons pas la moindre idée du nombre de personnes qui sont mortes", a souligné Mme Govender, alors que les chiffres de 50 puis 30 disparus ont été avancés.

Elle a précisé que les 25 employés figurant sur les registres officiels avaient été bien été identifiés: "Le fait qu'on en ait retiré 29 de là nous laisse songeurs.C'est seulement quand on sera dedans qu'on saura vraiment ce qu'il y a sous tout ce tas de gravats, et il y en a un paquet."

Le faible coût de la main-d'oeuvre en Afrique du Sud fait qu'il y a souvent des centaines d'ouvriers sur un chantier, parfois embauchés à la journée.Le recours à des immigrants illégaux du Mozambique, du Zimbabwe ou du Swaziland est en outre courant.

Selon la municipalité d'eThekwini (la communauté urbaine qui englobe Durban et Tongaat) qui avait saisi la justice pour faire stopper les travaux pour des raisons de sécurité, l'entreprise Rectangle Property Investments est responsable de la tragédie.

La justice avait intimé l'ordre à l'entreprise de stopper les travaux par un jugement en référé le 26 septembre, rendu définitif la semaine dernière, a précisé le porte-parole de la municipalité, Thabo Mofokeng.

Rectangle Property Investments est liée à un promoteur connu des autorités locales et donateur politique, Jay Singh.

Selon la presse locale, M. Singh a été condamné dans le passé pour corruption active d'agents municipaux, à qui il avait demandé de fermer l'oeil sur des irrégularités dans la gestion de la main-d'oeuvre.

Michael Abraham, un conseiller municipal local, a affirmé que l'entrepreneur avait poursuivi le chantier à l'insu des services de contrôle en travaillant de nuit.

"Ce qu'il faisait, à notre insu, c'était de poursuivre l'activité la nuit.Mais les agents de la municipalité ne travaillent pas la nuit.Eux, ils travaillent de 08H00 à 16H00.De sorte que quand ils se réveillaient le matin et passaient là, tout était calme", a-t-il déclaré.

Une version contredite par les voisins, accourus juste après la catastrophe, qui ont raconté qu'ils saluaient les ouvriers tous les matins.

Fiona Moonean était en train de faire la vaisselle lorsqu'elle a entendu un bruit de tonnerre."J'ai vu toute la dalle s'effondrer, et tout ce que vous pouviez entendre, c'était les gars qui criaient", a-t-elle raconté.