Afrique du Sud: Barack Obama au Cap, avec une visite à Robben Island

30 juin 2013 à 3h49 par La rédaction

Johannesburg (AFP)

Le président américain Barack Obama, en visite en Afrique du Sud, est attendu au Cap dimanche, un moment fort de la journée étant une visite au bagne de Robben Island, où Nelson Mandela a été emprisonné pendant dix-huit ans.

Le pèlerinage à Robben Island sera d'autant plus poignant que le père de la nation sud-africaine, âgé de bientôt 95 ans, est hospitalisé depuis plus de trois semaines pour une nouvelle infection pulmonaire, et dans un état critique depuis plusieurs jours.

Nelson Mandela a passé six semaines à Robben Island en 1963, puis près de dix-huit ans de juillet 1964 à mars 1982.Il a ensuite été transféré dans d'autres prisons des environs du Cap, avant d'être libéré en février 1990, après avoir passé en tout vingt-sept ans dans les geôles du régime raciste de l'apartheid.

"Je suis content que vous alliez visiter mon ancien chez-moi, Robben Island", a lancé à son hôte américain le président sud-africain Jacob Zuma, qui lui-même a été détenu pendant dix ans dans ce sinistre bagne, lors d'un dîner de gala à Pretoria samedi soir.

"Ce qui est important, c'est que vous emmenez votre famille avec vous.Vos charmants enfants doivent savoir ce qu'ont enduré Madiba et tous les combattants pour la liberté", a-t-il ajouté, appelant Mandela de son nom de clan, affectueusement adopté par de nombreux Sud-Africains.

Sur l'île, Barack Obama sera guidé par Ahmed Kathrada, 84 ans, un ancien camarade de détention du héros de la lutte anti-apartheid.

Le président américain doit ensuite rencontrer l'ancien archevêque anglican du Cap et prix Nobel de la paix Desmond Tutu dans le centre que celui-ci a fondé pour soutenir les jeunes séropositifs. 

Il prononcera enfin le principal discours de sa tournée africaine depuis l'Université du Cap (UCT).

Arrivée vendredi soir en Afrique du Sud, M. Obama avait consacré une bonne partie de la journée de samedi aux relations bilatérales, rendant déjà largement hommage à Nelson Mandela, dont il a rencontré la famille.

Il a également salué son exceptionnel "courage moral", qui "a été une source d'inspiration personnelle (...) et pour le monde".A l'issue d'une rencontre avec Jacob Zuma, il a aussi salué la "force de ses principes".

A défaut de se rendre au chevet de Mandela, il a rendu visite à deux des trois filles du père de la nation arc-en-ciel et à huit de ses dix-sept petits enfants, lors d'un bref arrêt à la Fondation Mandela à Johannesburg, où il a consulté des archives de l'icône mondiale.

M. Obama s'est également entretenu par téléphone avec Graça Machel, l'épouse de l'ancien président sud-africain depuis quinze ans, qui passe de longues heures à son chevet à l'hôpital de Pretoria.

Alors que le pays s'attendait au pire jeudi, son état s'est légèrement amélioré depuis, ce qui a même permis à M. Zuma de dire qu'il espérait le voir sortir "très bientôt de l'hôpital".

"J'ai exprimé mon espoir que Madiba puise paix et réconfort dans la présence de ses proches, j'ai aussi exprimé mon soutien de tout c�?ur à toute la famille", a dit le président américain.

Mme Machel, qui a transmis le message à son mari, a remercié le couple pour cette "touche de chaleur personnelle caractéristique de la famille Obama".

Le président américain s'est ensuite rendu dans la célèbre township de Soweto, un haut-lieu de la lutte anti-apartheid aux portes de Johannesburg, pour s'adresser à de jeunes Africains prometteurs. 

Là encore, il a évoqué son "héros", appelant la jeunesse à s'en inspirer pour surmonter les moments difficiles."L'avenir de ce continent est entre vos mains", leur a-t-il lancé sous des applaudissements nourris.

A l'extérieur du campus universitaire où se déroulait l'échange, l'ambiance était plus tendue: quelques centaines de manifestants hostiles à la politique étrangère des Etats-Unis ont été dispersés par des grenades incapacitantes et des balles en caoutchouc.

Les manifestants, qui avaient dépassé l'horaire autorisé pour le rassemblement "avaient refusé de se disperser", a justifié la porte-parole de la police nationale Sally de Beer.