Afrique du Sud: fin de la grève à la mine de platine de Marikana

16 mai 2013 à 7h17 par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

La grève sans préavis déclenchée il y a deux jours par les mineurs sud-africains du groupe Lonmin, qui extrait du platine à Marikana, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Johannesburg, a pris fin mercredi soir, a indiqué jeudi une porte-parole du groupe, Sue Vey.

"Lonmin confirme que 83% des salariés ont repris le travail pour l'équipe de nuit hier soir (mercredi) et des chiffres provisoires pour l'équipe du matin donne un taux de présence de 86%", a indiqué Mme Vey à l'AFP.

"Des discussions concernant les problèmes au coeur des revendications des salariés sont en cours mais pour l'entreprise, le retour au travail et la poursuite des discussions au sein des instances établies sert au mieux l'intérêt de tous", a-t-elle ajouté.

La veille, le nouveau syndicat majoritaire Amcu avait appelé à une reprise du travail.

Les mineurs avaient cessé le travail mardi matin, exigeant qu'Amcu, un syndicat radical désormais majoritaire à 70% chez Lonmin, soit reconnu par la direction au détriment du NUM, le syndicat national, proche du pouvoir mais qui n'est plus suivi que par 20% des mineurs.

Des employés de Lonmin avaient déjà débrayé pour les mêmes raisons début mars.

Les crispations sociales sont d'autant plus fortes dans la "ceinture du platine", une région minière proche de Johannesburg, que le groupe Amplats, premier producteur mondial de platine, vient d'annoncer 6.000 suppressions d'emplois et une réduction de sa production, pris en tenaille entre la hausse des coûts de l'énergie, la faible demande mondiale et les revendications salariales.

Le platine est notamment utilisé dans l'industrie automobile.

En outre, trois meurtres ont eu lieu au cours du week-end, et une figure syndicale locale, membre d'Amcu, été assassinée.

Depuis la longue grève sauvage de 2012 chez Lonmin qui a fait une cinquantaine de morts, dont 34 mineurs en grève abattus par la police le 16 août à Marikana, la tension n'est jamais complètement retombée dans la région, théâtre de plusieurs règlements de compte, notamment des témoins de la commission d'enquête sur la fusillade du 16 août.