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Afrique du Sud: heurts lors d'une manifestation devant l'ambassade du Zimbabwe

07 août 2020 à 11h34 Par AFP
La police sud-africaine a tiré des balles en caoutchouc et fait usage de grenades assourdissantes pour disperser une manifestation rassemblant une centaine de personnes vendredi devant l'ambassade du Zimbabwe à Pretoria, a constaté un photographe de l'AFP. Une centaine de migrants originaires du Zimbabwe, pays au bord de l'effondrement économique, voisin de l'Afrique du Sud, étaient rassemblés pour protester contre la crise économique et la répression politique dans leur pays.Dans un discours à la Nation mardi, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a promis de "débusquer" ses opposants politiques alors que des organisations de défense des droits ont dénoncé les récentes arrestations de dizaines de militants. La semaine dernière, plusieurs arrestations ont eu lieu dans la capitle zimbabwéene Harare lors d'une manifestation antigouvernement lancée par l'opposition et interdite par les autorités.Enveloppés dans le drapeau national zimbabwéen à rayures rouge, vert, jaune, noir, les manifestants brandissaient vendredi à Pretoria des pancartes proclamant "Mnangagwa: tu vas aller à La Haye! (siège du Tribunal pénal international, ndlr) Meurtrier! Voleur!"Des policiers les ont poussés pour leur faire évacuer le devant de l'ambassade, selon un photographe de l'AFP.Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré jeudi avoir nommé deux envoyés spéciaux chargés de se rendre à Harare "à la suite de récentes remontées sur des difficultés auxquelles est confrontée la République du Zimbabwe".Successeur de Robert Mugabe, dont il a longtemps été un fidèle avant de se retourner contre lui, Emmerson Mnangagwa avait promis de relancer une économie moribonde. Mais certains estiment que la situation est pire encore que sous l'ère Mugabe.Le gouvernement zimbabwen a réfuté les "fausses" allégations d'abus de droits et de crise dans le pays. "Il n'y a pas de crise ni d'implosion au Zimbabwe. Il n'y a pas non plus eu d'enlèvements ou de +guerre+ menée contre des citoyens", a déclaré le porte-parole du gouvernement Nick Mangwana dans un communiqué.