Afrique du Sud: Julius Malema réclame à nouveau l'expropriation foncière des Blancs

Par La rédaction

PRETORIA (AFP) - (AFP)

Julius Malema, le jeune tribun de 31 ans dont l'ANC au pouvoir en Afrique du Sud tente de se débarasser, a exigé une fois de plus l'expropriation des terres arables majoritairement aux mains des Blancs, usant cependant pour la première fois d'un langage plus mesuré.

Invité vendredi soir du club de la presse de Pretoria qui lui remettait le prix 2011 de la personnalité médiatique de l'année, Malema a assuré qu'il n'avait rien contre la minorité blanche qu'il a souvent attaquée sans ménagement.

"Ne gobez pas cette histoire que nous sommes contre les Blancs et que nous voulons les jeter à la mer.Ici, c'est chez eux, c'est leur pays, et il appartient à nous tous", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse Sapa.

"Je mourrais pour défendre la minorité blanche --ils doivent avoir les mêmes droits que les Africains", a-t-il insisté.

Mais, a-t-il ajouté, "je ne changerai jamais d'idées, peu m'importe qui dit quoi.Cette terre a été dérobée, volée.Un génocide noir a été commis contre ceux qui possédaient la terre...je n'accepterai jamais qu'on récompense ceux qui nous ont volé notre terre".

Julius Malema, dont l'ANC a prononcé l'exclusion en février, reste président de la Ligue de jeunesse du parti tant qu'il n'a pas épuisé tous ses recours.

A ce poste depuis 2008, il s'est illustré à plusieurs reprises par ses sorties à connotation raciste, parlant même de "guerre" à mener contre la "minorité blanche".

Il a été condamné pour incitation à la haine en septembre 2011 pour avoir repris dans ses meetings une chanson historique de la lutte anti-apartheid "Tuez le boer", vécue par les fermiers blancs comme un appel au meurtre.

Dans un pays où la question des terres est ultra-sensible, il alimente les craintes, mais fait mouche auprès des plus déshérités car l'aisance matérielle de la minorité blanche (7 à 8%) surpasse objectivement celle du reste de la population.

Le gouvernement a exclu toute nationalisation ou saisie de terres sans compensation comme l'a fait le Zimbabwe voisin et privilégié une politique d'achats à l'amiable des terres.

Mais celle-ci progresse à dose homéopathique et peine à rétablir un équilibre en faveur de la majorité noire.

La minorité blanche possède encore l'écrasante majorité (plus de 80%) des terres arables du pays qu'elle s'est appropriée durant la colonisation et l'apartheid, et qu'elle estime avoir mis en valeur par son travail.