Afrique du Sud: l'ANC fête ses 99 ans uni derrière le président Zuma

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP)

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, qui fête samedi ses 99 ans, aborde 2011 uni derrière le président Jacob Zuma mais devra, cette année, accélérer sa lutte contre la pauvreté pour sortir indemne des prochaines élections locales, estiment les analystes.

Jacob Zuma, 68 ans, "n'a jamais été dans une telle position de force" depuis son élection en 2007 à la tête du Congrès national africain (ANC) à l'issue d'une longue bataille interne, assure Dirk Kotze, professeur de sciences politiques à l'Université d'Afrique du Sud (Unisa).

"Il a clairement consolidé son pouvoir lors du congrès annuel du parti en septembre à Durban", ajoute-t-il, prédisant que "cela continuera jusqu'à l'année prochaine."

A son arrivée au pouvoir en mai 2009, cet homme affable, connu pour ses qualités d'écoute, a surtout travaillé à réconcilier la population avec des élites jugées trop distantes.

Le maintien d'inégalités criantes, d'un chômage de masse et d'une pauvreté endémique dans la première puissance économique du continent a rapidement alimenté l'impatience.

Une longue grève dans les secteurs publics, en août, a cristallisé les mécontentements et tendu les relations entre l'ANC et ses alliés syndicalistes et communistes.

Parallèlement, les critiques fusaient de tous bords contre le manque d'autorité de Jacob Zuma, resté impassible devant les dépenses somptuaires de certains ministres et l'octroi de marchés publics à des proches d'élus - dont son propre fils.

En septembre, lors du congrès annuel de l'ANC, le chef de l'Etat a finalement tapé du poing sur la table, réclamant de la discipline au sein du parti et laminant ceux "qui ne pensent qu'à se battre pour les postes à responsabilité".

Un mois plus tard, il procédait au plus important remaniement ministériel depuis la fin de l'apartheid en 1994, limogeant sept ministres dont certains soupçonnés d'irrégularités ou de dépenses excessives.

"Il n'est pas habitué à pointer un doigt accusateur.C'est quelqu'un de très accommodant", souligne Jeremy Gordin, auteur d'une biographie non autorisée de Jacob Zuma.

Mais, comme "les choses ne bougent pas assez", "il a besoin de botter des fesses", poursuit l'auteur, en lui conseillant de poursuivre sur cette lancée en 2011: "il doit prendre à part chacun de ses ministres pour faire le point sur les progrès accomplis dans leur secteur".

L'enjeu: les scrutins locaux prévus en mai ou juin."Lors des élections de 2009, l'ANC a perdu des voix dans toutes les provinces, sauf celle du KwaZulu-Natal" d'où est originaire le président, rappelle Dirk Kotze."Le parti va tout faire pour minimiser son déclin cette année", dit-il.

Pour ce faire, il devra accélérer la lutte contre la pauvreté et notamment le chômage qui affecte 40% de la population selon l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

Dans son discours du Nouvel an, le président a promis "de mettre l'accent sur la croissance de l'économie pour créer des emplois".Son gouvernement a adopté un plan d'action dans l'optique de créer 5 millions de nouveaux postes d'ici 2020.

L'appréciation de la devise nationale, le rand qui a atteint lundi son plus haut niveau face au dollar en près de quatre ans, menace cependant ses efforts.

"Un rand fort est néfaste pour la croissance économique, estime Iraj Abedian, directeur de l'entreprise d'investissements Pan African Investments.Cela va finir par avoir des conséquences sur les objectifs du gouvernement: créer des emplois pour réduire la pauvreté".