Afrique du Sud: l'avocate de Malema n'a toujours pas reçu son mandat d'arrêt

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Les défenseurs du jeune tribun populiste sud-africain Julius Malema attendaient toujours lundi de prendre connaissance du mandat d'arrêt émis vendredi contre leur client, a indiqué son avocate Nicqui Galaktiou.

"Nous n'avons pas encore reçu le mandat" d'arrêt, a indiqué Me Galaktiou à l'AFP, précisant qu'elle n'a donc pas pu prendre connaissance des chefs d'accusation retenus contre Malema, un farouche opposant au président Jacob Zuma.

Selon la presse dominicale, Malema est accusé de blanchiment d'argent, corruption et fraude aux côtés de cinq autres personnes physiques et de quatre sociétés.

Le procès de cette "mafia du Limpopo" devrait s'ouvrir mercredi à Polokwane, capitale de cette province du nord du pays dont Malema est originaire, selon plusieurs médias sud-africains.

"Je devrais connaître la date et le lieu demain matin" (mardi), a noté l'avocate.

Le parquet et la police se sont refusés à tout commentaire, alors que l'Afrique du Sud faisait le pont, lundi étant férié.

La police et la direction des impôts s'intéressent depuis plusieurs mois à l'origine des revenus de Malema, qui mène grand train même s'il dit défendre les plus pauvres.

Son argent viendrait de l'obscur fonds familial Ratanang et d'On-Point Engineering, une compagnie dans laquelle il a des intérêts qui a gagné des appels d'offres suspects dans la province, dirigée par ses amis politiques.Malema est aussi soupçonné d'avoir monnayé son soutien pour l'attribution de contrats des autorités provinciales.

Selon l'hebdomadaire Sunday Times, l'affaire porte sur des pots-de-vin se montant à 100 millions de rands (9,3 millions d'euros).

City Press, autre journal dominical, a parallèlement affirmé que le médiateur sud-africain Thuli Madonsela avait trouvé qu'un contrat de 52 millions de rands gagné par On-Point Engineering pour les routes du Limpopo était entaché de graves irrégularités.

Le fisc a en outre obtenu un jugement obligeant Malema à lui verser 16 millions de rands (1,5 million d'euros) d'arriérés d'impôts et menace de saisir tous ses biens.

L'émission du mandat d'arrêt contre Julius Malema survient au moment où le pouvoir a repris la main dans la sanglante crise minière qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, en envoyant notamment la police rétablir l'ordre dans la "ceinture de platine" de Rustenburg (nord).

Malema avait entrepris une tournée des mines, jurant de les rendre "ingouvernables" et appelant les travailleurs à la révolution.La police l'a empêché lundi 17 septembre de prendre la parole devant les grévistes de Marikana (nord), où s'achevait un long conflit social émaillé de violences qui ont fait 46 morts.

Le syndicat Solidarity a porté plainte contre lui pour incitation à la violence.

Exclu en avril de l'ANC, le jeune tribun, âgé de 31 ans, est parti en campagne contre le président Jacob Zuma, dont il veut empêcher la reconduction à la tête du parti au pouvoir lors de son prochain congrès, en décembre.

"Juju" a toujours clamé son innocence, et crie au complot.

Il n'a pas réagi directement depuis l'émission du mandat d'arrêt contre lui, mais ses amis, et notamment les dirigeants de la Ligue de jeunesse de l'ANC dont il était le président, ont dénoncé une manoeuvre politique.