Afrique du Sud: le président Zuma prêche la "patience" envers Julius Malema

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Le président sud-africain Jacob Zuma a prêché la "patience" mardi à l'égard de l'incontrôlable leader de la jeunesse de son parti ANC, Julius Malema, condamné la veille en justice pour incitation à la haine, en estimant qu'il valait mieux le faire rentrer dans le rang plutôt que de l'exclure de l'espace politique.

Interrogé par le quotidien The Star pour savoir si l'objectif était d'exclure Malema de l'espace public, il a répondu "non".

"Je pense que l'objectif est de savoir comment aider Malema car il y a du bon en lui", a dit le président, sortant de son silence pour la première fois depuis le début de la procédure disciplinaire contre Malema le 30 août.

"En d'autres termes, le boulot de l'ANC est d'aider Malema pour en faire un bon leader dynamique", a-t-il ajouté.

"Quand on est comme lui, il faut tout le temps trouver de nouveaux sujets pour impressionner les gens, il faut qu'ils puissent applaudir et c'est là qu'on fait plein d'erreurs en parlant à tort et à travers", a estimé le président Zuma, cité par le Star.

"Si on parle, par exemple, et que les gens ne sont pas enthousiastes, on a l'impression de n'avoir rien fait et c'est pour ça qu'on est obligé de pratiquement tenir des propos radicaux et problématiques", a-t-il poursuivi.

Julius Malema, 30 ans, président de la Ligue de jeunesse depuis 2008, comparaît aussi à huis-clos depuis le 30 août pour indiscipline devant les instances du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994.

Ses incartades répétées, notamment contre les Blancs, lui ont déjà valu de devoir rendre des comptes aux instances de son parti qui l'avait condamné à suivre un cours d'éducation politique.La procédure doit reprendre ce mardi.

Parallèlement le jeune homme a fait l'objet de poursuites en justice.Lundi, Malema a été reconnu coupable d'incitation à la haine par un tribunal de Johannesburg pour avoir repris dans ses meetings la chanson historique de la lutte anti-apartheid "Tuez le Boer" (le fermier blanc).

L'ANC, malgré son différend avec lui, a critiqué le jugement, assimilé à de la censure, et le parti envisage de faire appel.