Afrique du Sud: le président Zuma réaffirme son autorité sur l'ANC

Par La rédaction

DURBAN (Afrique du Sud) (AFP)

Le président sud-africain Jacob Zuma a réaffirmé lundi son autorité sur le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC) en menaçant de sanctionner ceux qui voudraient ouvrir le débat sur sa succession.

"Engager aussi tôt la campagne de succession donne l'impression que l'ANC est rempli de gens qui ne pensent qu'à se battre pour les postes à responsabilité", a lancé le chef de l'Etat, en ouvrant une réunion nationale de l'ANC à Durban (est).

"Le temps est venu pour notre organisation de réagir.Nous devons prendre une décision contre ceux qui s'engagent dans de telles activités et affaiblissent l'organisation", a-t-il ajouté devant près de 3.000 délégués.

La réunion de Durban doit servir à redéfinir la stratégie politique de l'ANC, qui organisera seulement en 2012 une conférence élective pour déterminer son candidat à la présidence de 2014.

Mais le président Zuma a été vivement attaqué ces dernières semaines par ses anciens alliés, la Ligue de la Jeunesse de l'ANC et le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) qui ont commencé à avancer leurs pions en vue de 2012.

Il a notamment été accusé d'avoir attribué des contrats publics à plusieurs proches, dont son fils Duduzane.Le Cosatu a estimé que l'Afrique du Sud, sous sa direction, était en train de devenir "un état prédateur".

De son côté, le bouillant leader de la Ligue de la Jeunesse, Julius Malema, a fait campagne contre la polygamie, alors que le chef de l'Etat, 68 ans, a trois épouses et 21 enfants.

"Les juniors doivent respecter leurs seniors", a réagi lundi le président Zuma, sous de vifs applaudissements.

Il a également adressé une mise en garde au Cosatu, son allié au gouvernement qui a organisé en août trois semaines de grève des fonctionnaires.

"C'est important, camarades, de ne pas jouer avec l'alliance", a-t-il lancé aux syndicalistes, en leur reprochant certaines des insultes lancées pendant le conflit."C'est contraire à la culture du mouvement".

Dans un geste d'apaisement, il a toutefois promis que la coalition gouvernementale "survivrait encore de longues années".

Le Cosatu et la Ligue de la jeunesse avaient apporté un soutien indéfectible à Jacob Zuma dans son ascension vers le pouvoir mais lui reprochent aujourd'hui de ne pas avoir infléchi à gauche la politique du gouvernement.

Ils militent notamment pour une nationalisation des mines et un renforcement du contrôle des changes, alors que la devise nationale, le rand, s'est beaucoup renforcée, ce qui handicape les exportations.

Dans son discours, le chef de l'Etat s'est gardé d'entrer dans le détail de ces débats.Il a juste évoqué la nécessité d'un taux de change plus stable et plus compétitif".

Ces questions, ainsi qu'un projet de tribunal des médias, seront abordées jusqu'à vendredi lors de discussions à huis clos.

En attendant, les propos du chef de l'Etat semblent avoir été bien perçus dans l'assemblée, qui a applaudi tous les rappels à l'ordre.

"La conférence ne porte pas sur la succession, il s'agit de débattre de politique (...) et de renforcer l'unité de l'alliance", a approuvé un militant ANC zoulou, en requérant l'anonymat.

Le Parti communiste, également membre de l'alliance au pouvoir, s'est réjoui des possibles sanctions contre "les démagogues" et le Cosatu a loué un discours "mesuré".

Seul Julius Malema n'a pas réagi.

Mais il a été réconforté par Winnie Madikizela-Mandela, l'ex-femme de Nelson Mandela."Ce sont nos enfants et, quelle que soit votre volonté de faire des gros titres, il n'y a aucune tension", a-t-elle lancé devant des journalistes.