Afrique du Sud: le syndicat des métallos conteste son exclusion du Cosatu

Par La rédaction

Johannesburg (AFP)

Le puissant syndicat sud-africain des métallurgistes (Numsa) va contester son exclusion de la confédération syndicale Cosatu pour avoir voulu rompre les ponts avec l'ANC, a indiqué dimanche son secrétaire général.

"Le combat n'est pas fini.(...) Nous pourrions bien nous retrouver au tribunal très bientôt", a déclaré le secrétaire général Irvin Jim devant des journalistes, au lendemain de l'exclusion de son syndicat du Cosatu.

"Il n'y a absolument aucune base pour l'exclusion du Numsa", a-t-il ajouté, accusant l'ANC au pouvoir et ses alliés communistes de complot.

L'exclusion du syndicat, selon M. Jim, est le résultat d'"une attaque réactionnaire bien coordonnée contre l'organisation des travailleurs, une attaque contre le Cosatu et une attaque contre les pauvres".

"Le plus grand crime du Numsa a été de plaider démocratiquement, lors de son propre congrès, pour l'indépendance de la fédération (le Cosatu), vu la détérioration des conditions de vie de la classe ouvrière provoquée par la politique néolibérale de l'ANC", qui est au pouvoir depuis vingt ans, a-t-il souligné.

Soutenu par huit autres syndicats du Cosatu (qui en compte 21), le syndicat des métallos fait campagne depuis plusieurs mois pour que la centrale syndicale brise son alliance historique avec l'ANC et le Parti communiste sud-africain, héritage de la lutte contre le régime ségrégationniste de l'apartheid.

Irvin Jim a confirmé que le Numsa créerait en décembre sa propre formation politique, pour l'instant baptisée "Front uni" ("United Front").

Cette formation veut venir concurrencer l'ANC, que le syndicat --le plus important du pays avec 340.000 adhérents-- a déjà refusé de soutenir aux dernières élections en mai.

Le nouveau parti, qui aura pour ambition de fonder une société socialiste en Afrique du Sud, occupera un créneau proche de celui des Combattants pour la liberté économique (EFF).

Les EFF du tribun populiste Julius Malema --un ancien de l'ANC exclu en 2012-- ont obtenu plus de 6% aux législatives du 7 mai.

Les EFF, "comme toutes les forces de gauche", seront d'ailleurs invités aux discussions préalables au lancement du "Front uni", a précisé M. Jim.