Agriculture africaine: 100 millions de dollars de crédits pour les petits exploitants

Par La rédaction

ACCRA (AFP)

La banque sud-africaine Standard Bank a annoncé vendredi à Accra qu'elle allait accorder des prêts d'un montant global de 100 millions de dollars à quelque 750.000 petits agriculteurs de quatre pays africains, Ghana, Mozambique, Tanzanie et Ouganda, de 2011 à 2013.

"Nous voulons démontrer que pour transformer l'Afrique en grenier (...), le secteur privé doit aussi retrousser ses manches et soutenir le secteur public dans ses efforts pour construire l'agriculture du continent", a déclaré à l'AFP Clive Tasker, directeur exécutif de la Standard Bank, en marge d'un forum international sur l'agriculture.

La banque accordera ses prêts en partenariat avec l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), dirigée par l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

L'Agra et la banque sud-africaine avaient déjà annoncé en mars 2009 à Accra la création de ce fonds de soutien de 100 millions de dollars (78 millions d'euros), précisant que les taux d'intérêt des prêts varieraient selon les pays.

La Banque envisage de soutenir notamment les petits producteurs de cacao au Ghana, deuxième pays producteur au monde, et de noix de cajou au Mozambique.

Les prix du cacao ont atteint en juin un niveau record, jamais vu depuis 33 ans.

Kanayo Nwanze, président du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l'ONU, avait auparavant mis l'accent sur le manque de capitaux dont souffrent 80 millions de petits exploitants agricoles de l'Afrique sub-saharienne, à l'origine de 80% de la production agricole.

"Ils sont dans l'incapacité de répondre à une demande accrue parce qu'ils n'ont pas accès au crédit", a déclaré M. Nwanze."(Les) soutenir ne renforcerait pas seulement la sécurité alimentaire mondiale mais permettrait aussi de diminuer de façon notable la pauvreté", a-t-il ajouté.

Le forum d'Accra qui s'achève samedi, a réuni pendant trois jours quelque 800 participants, ministres, chefs d'entreprise, banquiers, experts, représentants d'organisations internationales...

Selon Kofi Annan, présent à ce forum, l'appel lancé à Maputo en 2003 par l'Union africaine pour que les gouvernements du continent allouent au moins 10% de leur budget national à l'agriculture, commence à porter ses fruits.

Selon lui, des "changements notables" sont intervenus dans cinq pays: Tanzanie, Ghana, Rwanda, Malawi et Mali, ce dernier pays consacrant désormais 14% de son budget à l'agriculture

La production de cultures vivrières a augmenté de 16% en 2008 au Rwanda tandis que le Malawi exporte du maïs depuis quatre années consécutives, a souligné jeudi Kofi Annan.

Selon des experts, en excluant les coûts d'adaptation aux effets des changements climatiques, l'Afrique a besoin de 39 milliards de dollars par an pour que son secteur agricole fonctionne à plein régime.

Pour ce faire, Kofi Annan, Prix Nobel de la paix, a appelé les gouvernements, les pays donateurs et les entreprises privées à apporter leur concours.