Algérie: la presse fait ses Une sur le blocus fait aux manifestants à Alger

Par La rédaction

ALGER (AFP)

 La presse algérienne dans son ensemble évoque dimanche le blocus samedi par les forces de l'ordre de la manifestation interdite de l'opposition à Alger.

Le quotidien officiel El Moudjahid affiche l'événement en Une."La marche, non autorisée, du RCD (parti du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, opposition) empêchée par les forces de l'ordre", titre le quotidien du gouvernement qui met l'accent sur l'évacuation "dans le calme" des militants.Il cite le ministère de l'Intérieur qui a fait état de 19 blessés et de neuf interpellations.

Le RCD a annoncé 49 blessés et une vingtaine d'interpellations lors de ce mouvement bloqué devant son siège durant six heures par un cordon impressionnant de forces de sécurité.

El Watan titre: Alger en "état de siège et répression" avec une large photo d'un responsable du RCD la tête ensanglantée face aux forces de l'ordre.Le Soir d'Algérie insiste sur "Alger, zone interdite", la marche "violemment empêchée".

 Pour Liberté, "Le RCD abat les murs de la peur", affiche en Une ce sympathisant du parti de Saïd Sadi.Dans un éditorial, le journal évoque une "érosion" du pouvoir d'achat des Algériens mais aussi "et depuis longtemps, l(d)es libertés individuelles et collectives".

"Les doléances, dit-il, sont dans tous les foyers"."Pays riche (en hydrocarbures), peuple pauvre (...) n'est et ne peut plus être une équation équitable", conclut-il.

Féroce, El Watan parle d'un roi "nu" et d'une "répression"."Le pouvoir algérien n'est pas disposé à tirer les leçons de la révolte en Tunisie, il est même tenté de relayer les méthodes de son régime déchu", affirme le journal.

Le Quotidien d'Oran s'interroge sur le petit nombre de manifestants, environ 300."Dans la conjoncture actuelle, il semblerait que la Rue algérienne soit blasée de promesses, de marches et de contremarches qui ne mènent nulle part".

Le quotidien arabophone Ennahar titre "Scénario de provocation pour mettre en scène l'histoire de Bouazizi" (le Tunisien immolé par le feu à l'origine de la Révolution du Jasmin) et publie des photos montrant à ses yeux l'agressivité des manifestants.