Algérie: le fils de Belhadj, membre d'Aqmi, tué avec des complices

Par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

Abdelkahar Belhadj, membre d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et fils d'un célèbre chef islamiste algérien, a été tué avec deux complices dans un véhicule kamikaze en route pour Alger, épargnant peut-être à la capitale un attentat meurtrier pendant le ramadan.

Abdelkahar Belhadj, fils d'Ali Belhadj, l'ex-numéro deux du Front islamique de Salut (FIS, interdit depuis 1992) a péri avec deux complices kamikazes dans l'explosion de leur voiture Hyundai Atos grise lundi à une soixantaine de kilomètres d'Alger, a déclaré jeudi une source gouvernementale à l'AFP.

L'explosion "a également fait trois blessés parmi les militaires qui avaient tiré sur le véhicule refusant de s'arrêter, selon cette source.

Toutefois, Abdelhamid Belhadj, le frère d'Ali Belhadj, a affirmé au téléphone à l'AFP que la famille "n'avait pas été appelée par les services de sécurité pour être informée de sa mort"

Agé de 23 ans, Abdelkahar Belhadj, membre d'Aqmi depuis 2006, s'était alors rebaptisé "Mouawia" (un compagnon du prophète Mahomet).Il avait été condamné à mort par contumace en 2009 en Kabylie pour participation à plusieurs attentats sanglants.

Sa mort, initialement annoncée par le quotidien arabophone Ennahar a été "confirmée" de source gouvernementale."C'est le fils d'Ali Belhadj qui a été tué.Il y a eu identification par l'ADN" du corps du jeune homme, a déclaré à l'AFP un responsable qui a souhaité conserver l'anonymat.

Tous trois étaient "originaires d'Alger", l'un d'eux portait une ceinture d'explosifs et le véhicule se dirigeait vers Alger "vraisemblablement" pour y commettre un attentat, selon cette source.

La période du ramadan propice aux attentats

Depuis quelques jours, en prévision d'août, mois du ramadan propice aux attentats, les forces de sécurité ont multiplié les mesures de sécurité.

C'est ainsi que sur la route nationale N°5, entre Alger et la Kabylie (est) où opèrent nombre de groupes islamistes, de nombreux barrages militaires "arrêtent voiture après par voiture surtout en direction de la capitale, selon plusieurs témoins.

Selon l'éditeur d'Ennahar Mohamed Mokaddem, un expert en matière de questions sécuritaires, "de nombreux attentats ont été déjoués et au moins 15 terroristes préparant des attentats ont été arrêtés ces derniers temps".

Depuis le printemps, plusieurs attentats ont touché le nord-est de l'Algérie.Le plus spectaculaire a été une double explosion kamikaze le 16 juillet devant le commissariat de Bordj Menaïel.Revendiqué par Aqmi, il a fait 2 morts et 14 blessés.

Mais à Alger, il n'y a pas eu d'attentat suicide depuis l'explosion de deux voitures piégées 2007 contre le Conseil constitutionnel et le Haut commissariat pour les réfugiés de l'ONU (HCR).Revendiqués par Aqmi, ces deux attaques ont fait 41 morts, dont 17 employés de l'ONU, et 177 blessés.

Le chaos libyen menace pour la sécurité de l'Algérie

"On peut dire qu'il y a recrudescence de kamikazes" en Algérie, estime M. Mokaddem, soulignant que la situation est aujourd'hui différente "en raison du conflit libyen" et de la prolifération d'armes dans la région.

"Les explosifs découverts par les forces de sécurité durant leurs opérations anti-terroristes n'existent pas en Algérie", indique-t-il encore citant "des sources sûres".

Les autorités algériennes ont à plusieurs reprises exprimé leur inquiétude du chaos en Libye voisine -où les Kadhafistes restent depuis des mois aux prises avec une rébellion soutenue par l'Otan- et annoncé un renforcement significatif de la surveillance de leur frontière de plus d'un millier de kilomètres en plein Sahel.