Algérie: le Premier ministre annonce l'ouverture de l'audiovisuel

Par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a déclaré que l'audiovisuel, totalement détenu par l'Etat et dont l'opposition réclame l'ouverture depuis des années, sera accessible au privé, a rapporté la presse lundi.

"Pour la première fois, nous aurons une législation qui parlera de l'ouverture des médias lourds", en référence à l'ouverture de l'audiovisuel au privé, a déclaré le Premier ministre à la presse en marge de la séance inaugurale du Conseil de la nation (Sénat) qui s'est ouverte dimanche à Alger.

Il existe actuellement cinq chaînes de télévisions en Algérie, toutes publiques.

Abordant la liberté de la presse, le chef du gouvernement a assuré qu'"il n'y avait plus de dispositions privatives de libertés" dans l'avant-projet de loi sur l'information qui sera débattu lors de l'actuelle session de l'Assemblée populaire nationale (APN).

M. Ouyahia a qualifié ces dispositions d'"avancées importantes", précisant que "l'agrément de la presse écrite ne relèvera plus ni de la justice, ni de l'administration mais de l'autorité supérieure de la presse écrite".

Pour lancer un journal en Algérie, il faut déposer un dossier pour une demande d'agrément auprès du procureur de la République territorialement compétent.

Pour un spécialiste des médias, professeur à l'université d'Alger, Redouane Boudjemaâ, le fait que l'agrément des journaux dépende de l'autorité supérieure de la presse écrite "ne veut absolument pas dire que la presse s'émancipe du contrôle de l'exécutif".

Cette autorité est constituée de trois membres "directement par le président de la République" et celle-ci "remet un bilan annuel au chef de l'Etat".Pour lui, "on est pas sorti du contrôle de l'exécutif".

Quant à l'ouverture de l'audiovisuel, M. Boudjemaâ, un ancien journaliste cité par le quotidien El-Watan, estime que cette loi était déjà "inscrite dans la loi de 1990, et dire que pour la première fois, nous aurons une législation qui parlera de l'ouverture des médias lourds comme le dit Ouyahia, c'est prendre les Algériens pour des amnésiques".

Cet avant-projet de loi de l'information n'a jamais été rendu public.

Des extraits ont cependant filtré et ont été critiqués par le monde des médias qui affirme n'avoir pas été consulté lors de l'élaboration du projet.