Algérie: trois jeunes militants, dont "le poète du Hirak", condamnés

Par AFP

AFRICA RADIO

Trois jeunes militants algériens, dont le "poète du Hirak", le mouvement de protestation antirégime, ont été condamnés jeudi par un tribunal d'Alger à des peines de prison ferme, selon une association de soutien aux détenus d'opinion.

Les trois hommes -- Mohamed Tadjadit (26 ans), une figure connue de la contestation, Noureddine Khimoud (25 ans) et Abdelhak Ben Rahmani (38 ans) -- qui étaient en détention ont pu quitter leur prison jeudi après avoir déjà purgé leurs peines, a précisé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.Ils étaient jugés notamment pour atteinte à l'unité nationale.Figure connue de la contestation, Mohamed Tadjadit a écopé de 6 mois de prison, dont 4 mois ferme, Noureddine Khimoud de 4 mois ferme et Abdelhak Ben Rahmani de 3 mois, selon le CNLD.Le procureur du tribunal de Bal El Oued avait requis le 14 janvier deux ans de prison contre les trois détenus.Mohamed Tadjadit et Noureddine Khimoud étaient en détention depuis la fin août 2020. Ils avaient été interpellés au lendemain de leur participation à un rassemblement antirégime organisé à la Casbah d'Alger.Abdelhak Ben Rahmani avait lui été arrêté début octobre.Surnommé le "poète du Hirak" pour ses vers déclamés lors des manifestations ou partagés sur Facebook, Mohamed Tadjadit avait été condamné fin 2019 pour "atteinte à l'intérêt national".Dix chefs d'accusation pesaient sur les trois hommes, dont atteinte à l'unité nationale, incitation à attroupement non armé, offense au président de la République ou encore diffusion de fausses nouvelles, selon le CNLD.Ces charges étaient notamment basées sur leurs messages et vidéos relayés sur les réseaux sociaux.Le CNLD a par ailleurs annoncé jeudi que la militante antirégime Dalila Touat, condamnée le 18 janvier à 18 mois de prison ferme, a cessé la grève de la faim qu'elle observait depuis le 3 janvier après une visite de ses avocats.Quelque 80 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec les protestations du Hirak et/ou les libertés individuelles. Des poursuites fondées dans au moins 90% des cas sur des publications sur les réseaux sociaux critiques envers les autorités, d'après le CNLD.