Algérie: une touriste italienne enlevée dans le sud

Par La rédaction

ALGER (AFP)

Une touriste italienne, qui voyageait avec un chauffeur et un guide, a été enlevée dans le sud de l'Algérie mercredi, ont indiqué vendredi des sources sécuritaires de la région contactées par l'AFP.

L'Italienne, âgée de 56 ans, dont l'identité n'a pas été révélée, a été enlevée vers 18H00 locales (17H00 GMT) dans la zone d'Alidena (bien Alidena), à 130 km au sud de Djanet, la principale ville du sud-est algérien.Son chauffeur et son guide ont ensuite été libérés, selon les mêmes sources, et étaient interrogés.

Les ravisseurs, "quatorze hommes, circulaient à bord de deux Toyota station", selon ces mêmes sources.

La région du Sahel est devenue le fief des islamistes d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) qui a revendiqué plusieurs enlèvements d'Occidentaux dans les pays voisins de l'Algérie depuis plusieurs années.

A Rome, le ministère des Affaires étrangères s'est contenté d'indiquer que des "vérifications étaient en cours" sur cette information.

Selon l'agence algérienne APS, les ravisseurs ont autorisé leur otage à utiliser leur téléphone cellulaire (Thuraya), pour avertir le patron de l'agence qui avait organisé son périple à Djanet, qui a aussitôt alerté les services de sécurité.

Djanet est située à 2.300 km d'Alger non loin de la frontière avec la Libye et est une oasis essentiellement peuplée de Touaregs.

Dès l'annonce de l'enlèvement l'armée, qui contrôle la région totalement désertique d'Alidena, a été mise en état d'alerte à la recherche des véhicules.Ces derniers "sont probablement sortis du territoire national", ont indiqué ces sources sécuritaires à l'AFP.

En 2003, entre la mi-février et la mi-mars, 32 touristes européens voyageant en plusieurs groupes avaient été enlevés par des combattants islamistes dans le Sahara algérien qui couvre plus de 2 millions de km2.Les derniers avaient été libérés dans le nord du Mali en août de la même année.

L'Espagne a par ailleurs fait évacuer d'urgence deux de ses ressortissants du nord du Mali, frontalier de l'Algérie, leur évitant "un grand risque" d'enlèvement dans cette région où sévit Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ont indiqué jeudi des sources humanitaire et administrative au Mali.

"Deux ressortissants espagnols se dirigeaient vers le grand nord du Mali.Ils couraient, selon l'Espagne, un grand risque d'enlèvement par Aqmi.C'est ainsi que l'Espagne a rapidement organisé leur évacuation des lieux", a déclaré à l'AFP une source humanitaire contactée dans le nord du Mali.

Selon la même source, le risque d'enlèvement était "imminent".

La branche maghrébine d'Al-Qaïda opère dans une immense zone désertique située aux confins de l'Algérie, de la Mauritanie, du Mali et du Niger, où elle commet attentats, enlèvements, essentiellement de ressortissants occidentaux, et divers trafics.

L'organisation, qui a ses bases dans le nord du Mali, retient depuis la mi-septembre en otage cinq Français et deux Africains, capturés au Niger.D'abord transférés au Mali, ils auraient été emmenés récemment hors de ce pays par leurs ravisseurs.

Le 7 janvier, Aqmi a enlevé en plein centre de Niamey, dans le quartier le plus sécurisé de la capitale, deux jeunes Français, tués le lendemain lors d'une opération de sauvetage franco-nigérienne en territoire malien.