Alpha Condé, opposant inusable à tous les régimes autoritaires

Par La rédaction

CONAKRY (AFP)

Alpha Condé, 72 ans, candidat au second tour de la présidentielle dimanche en Guinée face à Cellou Dalein Diallo, s'est opposé à toutes les dictatures depuis l'indépendance, passant deux années en prison sous la présidence du défunt général Lansana Conté.

Celui qu'on présente en Guinée comme "l'opposant historique" n'a jamais été membre d'aucun gouvernement.

Au premier tour de la présidentielle, le 27 juin, il a obtenu 18% des voix.

Né le 4 mars 1938 à Boké, en Basse-Guinée, Alpha Condé est malinké, une ethnie majoritairement installée en Haute-Guinée, dans l'est du pays.

Parti en France à l'âge de 15 ans pour y poursuivre ses études, il y obtient des diplômes en économie, droit et sociologie avant d'y enseigner.Il dirige dans les années 60 la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (Feanf).

En 1970, il est condamné à mort par contumace par le "président à vie" Ahmed Sékou Touré (1958-1984) qui dirige le pays d'une main de fer.

Débutent alors deux décennies loin de la Guinée où il ne rentre définitivement qu'en 1991.

A la mort de Sékou Touré, en 1984, le militaire Lansana Conté se saisit du pouvoir.Sous son règne, les élections ne seront jamais ni transparentes ni crédibles.Quand Alpha Condé se présente à la présidentielle, il est officiellement crédité de 27% des voix en 1993 et de 18% en 1998.

Il est arrêté en 1998 avant même la proclamation des résultats électoraux, puis condamné en 2000 à cinq ans de prison pour "atteintes à l'autorité de l'Etat et à l'intégrité du territoire national".

Il purgera la moitié de cette peine.Du fait de nombreuses pressions internationales, il est "gracié" en 2001 par Lansana Conté et remis en liberté.A sa sortie, il assure que son "modèle" est Nelson Mandela, ancien prisonnier politique et militant anti-apartheid devenu en 1994 le premier président noir d'Afrique du Sud, et ajoute: "il faut faire comme lui: pardonner mais ne pas oublier".

Puis, en 2003, il boycotte la présidentielle, comme tous les grands partis d'opposition, en raison du manque de transparence.

Alpha Condé, marié trois fois, est père d'un garçon.